24 Janvier 2006 | Adoption de la Charte de la renaissance culturelle africaine

PREAMBULE
Nous, Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine, réunis en la sixième
Session ordinaire de notre conférence à Khartoum en République du Soudan les 23
et 24 janvier 2006 ;
Inspirés par la Charte culturelle de l’Afrique adoptée par les chefs d’Etat et de
gouvernement de l’Organisation de l’Unité africaine, lors de sa treizième Session
ordinaire tenue à Port Louis (Maurice) du 2 au 5 juillet 1976.


GUIDES PAR:
L’Acte constitutif de l’Union africaine;
La Déclaration universelle des principes de la Coopération culturelle internationale
adoptée par la quatorzième session de la Conférence générale de l’UNESCO en
1966;
Le Manifeste culturel panafricain d’Alger (1969), et par la Conférence
intergouvernementale sur les politiques culturelles en Afrique organisée par
l’UNESCO en collaboration avec l’Organisation de l’Unité africaine tenue à Accra en
1975;
La Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples (1981) ;
La Convention Internationale sur la protection des biens culturels en cas de conflit
armé (1954) et ses protocoles additionnels ;
La Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher
l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels
(1970) ;
La Convention pour la protection du patrimoine mondial culture et naturel (1972) ;
La Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle (2001) ;
La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) ;
La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des contenus et des
expressions culturels (2005) ;

La Décision du Sommet de l’OUA portant création de l’Académie africaine des
langues, Lusaka (Zambie), 2001 ;
La Décision de la Première Conférence des Ministres de la culture de l’Union
africaine approuvant le projet de la Charte de la renaissance culturelle africaine, les
13 et 14 décembre 2005, Nairobi (Kenya) ;
AFFIRMANT
que toute communauté humaine est forcément régie par des règles et des principes
fondés sur la culture ; et que la culture doit être perçue comme un ensemble de
caractéristiques linguistiques, spirituelles, matérielles, intellectuelles et
émotionnelles de la société ou d’un groupe social et qu’elle englobe, outre l’art et la
littérature, les modes de vie, les manières de vivre ensemble , les systèmes de
valeur, les traditions et les croyances ;
que toutes les cultures émanent des sociétés, des communautés, des groupes et
individus et que toute politique culturelle africaine doit nécessairement permettre
aux peuples de s’épanouir pour assumer une responsabilité accrue dans leur
propre développement ;
CONSCIENTS
du fait que tout peuple a le droit inaliénable d’organiser sa vie culturelle en pleine
harmonie avec ses idéaux politiques, économiques, sociaux, philosophiques et
spirituels;
CONVAINCUS
que toutes les cultures du monde ont un droit égal au respect, de la même manière
que tous les individus ont un droit égal au libre accès à la culture ;
RAPPELANT
qu’en dépit de la domination culturelle qui, au cours de la traite des esclaves et de
la colonisation, a entraîné la négation de la personnalité culturelle d’une partie des
peuples africains, falsifié leur histoire, systématiquement dénigré et combattu les
valeurs africaines, et tenté de remplacer leurs langues par celle du colonisateur, les
peuples africains ont pu trouver dans la culture africaine les forces nécessaires à la
résistance et à la libération du continent ;
CONVAINCUS
que l’unité de l’Afrique trouve son fondement d’abord et surtout dans son histoire; que l’affirmation de l’identité culturelle traduit une préoccupation commune à tous les
peuples d’Afrique;
que la diversité culturelle et l’unité africaine constituent un facteur d’équilibre, une
force pour le développement économique de l’Afrique, la résolution des conflits, la
réduction des inégalités et de l’injustice au service de l’intégration nationale;
qu’il est urgent d’édifier des systèmes éducatifs qui intègrent les valeurs africaines et
les valeurs universelles afin d’assurer à la fois l’enracinement de la jeunesse dans
la culture africaine et de l ‘ouvrir aux apports fécondants des autres civilisations et
de mobiliser les forces sociales dans la perspective d’un développement
endogène durable ouvert sur le monde ;
qu’il est urgent d’assurer résolument la promotion des langues africaines, vecteurs
et véhicules du patrimoine culturel matériel et immatériel dans ce qu’il a de plus
authentique et d’essentiellement populaire, mais aussi en tant que facteur de
développement ;
qu’il est impérieux de procéder à l’inventaire systématique, du patrimoine culturel
matériel et immatériel, notamment dans les domaines de l’histoire et des traditions,
des savoirs et savoir faire, des arts et de l’ artisanat en vue de le préserver et de le
promouvoir;
GUIDES PAR
une détermination commune à renforcer la compréhension au sein de nos peuples
et la coopération au sein de nos Etats afin de satisfaire les aspirations de nos
populations et de veiller au renforcement de la fraternité et de la solidarité dans le
cadre d’une plus grande unité culturelle qui transcende les diversités ethniques,
nationales et régionales, sur la base d’une vision partagée ;
CONSCIENTS
du fait que la culture constitue pour nos peuples le plus sûr moyen de promouvoir
une voie propre à l’Afrique vers le développement technologique, et la réponse la
plus efficace aux défis de la mondialisation ;
CONVAINCUS
que la culture africaine n’a de signification que lorsqu’elle participe pleinement au
combat pour la libération politique, économique et sociale, à l’œuvre de
réhabilitation et d’unification et qu’il n’y a pas de limite à l’épanouissement culturel
d’un peuple;

CONVAINCUS
qu’une volonté commune constitue la base pour la promotion du développement
culturel harmonieux de nos Etats et de nos sociétés;
CONSIDERANT
que le processus de mondialisation facilité par l’évolution rapide des technologies de
l’information et de la communication constitue à la fois un défi aux identités
culturelles et à la diversité culturelle et nécessite une mobilisation universelle en
faveur du dialogue entre les civilisations ;
SOMMES CONVENUS
d’établir la présente Charte de la Renaissance culturelle africaine.

 

Source UNESCO

Téléchargez la Charte ICI

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