29 juillet 1907 | Naissance du scoutisme

En Rhodésie du Sud en 1896, Frederick Russell Burnham avait enseigné des techniques de survie à Robert Baden-Powell, devenant ainsi l’une des sources d’inspiration de la création du scoutisme. Les prémices d’une idée de scoutisme datent du siège de Mafeking en Afrique du Sud au cours de la Seconde Guerre des Boers (1899-1902) au cours de laquelle Baden-Powell sert comme officier de commandement. Avec beaucoup d’astuce et de courage communicatif, il réussit à sauver la ville de Mafeking qui était assiégée depuis 217 jours par des troupes ennemies quatre fois plus nombreuses. Baden-Powell utilisa les jeunes de la ville appelés les cadets comme messagers pour transmettre des messages à pied et à vélo, comme observateurs, sentinelles et éclaireurs.

À la libération de la ville, le , Baden-Powell est acclamé comme un héros et est nommé major-général par la reine elle-même. Il prouva que des jeunes étaient tout à fait capables de réussir une mission, pourvu qu’on leur fasse confiance. Il publie ses observations sous le nom de « scouting » (l’art des éclaireurs) dans un petit fascicule destiné aux militaires appelé : « Aids to scouting ».

À son retour en Angleterre, Baden-Powell fut accueilli triomphalement. Il constate que « Aids to scouting » a un immense succès auprès des garçons britanniques et est utilisé par des éducateurs. Il reçoit même beaucoup de courriers de garçons lui demandant des conseils. Frappé par le spectacle d’une jeunesse britannique des quartiers désœuvrés livrée à la drogue et au tabac, souvent en mauvaise santé et délinquante, il décide de mettre l’expérience apprise à la guerre au service des jeunes gens, cette fois dans une optique de paix. « Sa carrière lui a permis de connaître les hommes pour leur permettre de donner le meilleur d’eux-mêmes avec bienveillance et patience », commente Michel Seyrat, spécialiste de la pensée du fondateur du scoutisme.

S’inspirant de nombreuses expériences éducatives auprès des mouvements de jeunesse de l’époque, il reprend des éléments entiers des méthodes d’autres associations, suscitant parfois des conflits comme celui qui l’oppose à Ernest Thompson Seton. Mais ce qui le caractérise c’est sa capacité à synthétiser toutes ces lectures et toutes les expériences sur lesquelles il s’est documenté pour produire un mouvement de jeunesse qui possède ses propres références et ses rites caractéristiques. Notons parmi ses sources, les Wandervogelallemands ou autrichiens, les rites d’initiation zoulous, la gymnastique développée en Allemagne par F.L. Jahn, sans compter les codes de chevalerie dont il n’était pas le premier à s’inspirer, suivant en cela l’exemple de Ruskin aux États-Unis (Knight of King Arthur) ou le mouvement Woodcraft qui pratiquait déjà un système de badges.

Mais ce qui marque également Robert Baden-Powell, c’est sa propre adolescence et son environnement familial. Son enfance est bercée par le récit des aventures de son grand-père, l’amiral William Henry Smyth. Il pratique la voile avec ses frères, ce qui lui inspire plus tard plusieurs récits autobiographiques, notamment la construction du voilier de son frère avec quelques amis du métier.

Il apprend la répartition des responsabilités à bord, l’acquisition de compétences et la vie d’équipage. Un autre de ses ancêtres, John Smyth, explorateur, avait traversé l’Océan et sillonné la Virginie, alors territoire inexploré. Comment échapper à toutes ses influences quand sa mère l’autorise à accompagner Warington, l’ainé de Baden Powell, navigateur endurci, auprès duquel il acquiert une expérience de la navigation qui l’influencera durablement.

« À la fin de ma carrière militaire », dit Baden-Powell, « je me mis à l’œuvre pour transformer ce qui était un art d’apprendre aux hommes à faire la guerre, en un art d’apprendre aux jeunes à faire la paix ; le scoutisme n’a rien de commun avec les principes militaires. »

En 1907, alors âgé de 50 ans, il organise un camp de quinze jours avec une vingtaine de garçons de différentes classes sociales sur l’île de Brownsea, qui débute le 29 juillet. Il y teste ses idées d’éducation par le jeu, d’indépendance et de confiance. À la suite de ce camp, Sir William SMYTH (fondateur de la « boy’s brigade ») lui demande d’écrire un ouvrage sur la manière dont le « Scouting » pouvait être adapté à la jeunesse qu’il appelle : Scouting for boys (Éclaireurs).

Baden-Powell pensait alors que ce livre pourrait donner des idées aux jeunes pour se regrouper en organisations. En effet, les premières patrouilles de scouts furent créées et Baden-Powell reçut de nombreuses demandes d’aide. Il les encouragea et le développement du mouvement scout commença au Royaume-Uni avec la création des scouts marins, des scouts de l’air et d’autres unités spécialisées.

Baden Powell dirigea avec son frère Warington un camp nautique en 1908, à Buckler’s Hard, dans le Hampshire, en Angleterre, peu après celui de Brownsea Island en 1907, avec là aussi une vingtaine de garçons posant les fondations des « Sea Scouts ». C’est ainsi que Baden-Powell en vint à lancer le scoutisme marin avec l’aide de son frère Warington, avocat à l’amirauté, marin expérimenté et promoteur de la navigation en canoë. Cependant, les scouts marins ne seront pas nommés ainsi avant 1912. Auparavant, en 1910, Warington aura écrit Sea Scouting and Seamanship for Boys, préfacé par son frère, le premier manuel de scoutisme marin, qui fut reçu avec beaucoup d’enthousiasme par les nombreux jeunes britanniques intéressés par cette nouvelle forme de scoutisme.

Baden-Powell ne pouvant plus conseiller personnellement chaque jeune qui lui demandait de l’aide, il décida de mettre en place une formation des adultes pour l’encadrement. Le Wood Badge course est alors créé à ce propos. En 1919, Gilwell Park près de Londres est acheté afin d’être utilisé comme camp et site d’entraînement pour les adultes.

L’expansion

Le scoutisme a commencé à se répandre à travers la GrandeBretagne et l’Irlande bien avant la publication du Scouting for boys de Baden-Powell et il s’étend rapidement dans l’empire britannique. La première unité hors du Royaume-Uni connue a été transportée à Gibraltar en 1908 suivie par Malte peu de temps après. Le Canada devint le premier dominion possédant un programme Boy Scout, puis l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud quelques années après. Le Chili est le premier pays hors des dominions britanniques à posséder un mouvement scout reconnu. Le mouvement fait des émules en France à partir de 1909 à Nantes.

Le premier rally scout se tient au Crystal Palace à Londres en 1910. Il attira 10 000 garçons ainsi que de nombreuses filles. En 1910, la Belgique, 2., Singapour, la Suède, la Suisse, le Danemark, la France, la Russie, la Finlande, l’Allemagne, la Norvège, le Mexique, l’Argentine, la Grèce et les États-Unis ont des Boy Scouts…

De nos jours

En 2007, le scoutisme a célébré ses 100 ans d’existence, avec plusieurs grands événements tel que le renouvellement de la promesse qui a eu lieu le 1er août partout dans le monde, le JAMbe (rassemblement de 95 000 scouts et guides en Belgique, ce qui constitue un record), le jamboree mondial à Chelmsford et sur l’île de Brownsea (Royaume-Uni), ou encore le jamboree de Chambord (France) réunissant plus de 17300 Scouts Unitaires de France (SUF) sur 23700, ou l’Aquajam réunissant des pionniers et caravelles français et espagnols dans les Pyrénées.

En 2008, on compte plus de 28 millions de scouts et plus de 10 millions de guides dans le monde, répartis dans 216 pays.

But et principes

Selon l’Organisation mondiale du mouvement scout, le but et les principes du mouvement scout sont :

But

Le mouvement scout a pour but de contribuer au développement des jeunes en les aidant à réaliser pleinement leurs possibilités physiques, intellectuelles, sociales et spirituelles, en tant que personnes, citoyens responsables et membres des communautés locales, nationales et internationales.Il a aussi pour but de compléter l’éducation parentale.

Principes

  • Le devoir envers Dieu (exception si le mouvement est neutre ou laïc)
  • L’adhésion à des principes spirituels, la fidélité à la religion qui les exprime et l’acceptation des devoirs qui en découlent.
  • Le devoir envers autrui
  • La loyauté envers son pays dans la perspective de la promotion de la paix, de la compréhension et de la coopération sur le plan local, national et international.
  • La participation au développement de la société dans le respect de la dignité de l’homme et de l’intégrité de la nature.
  • Le devoir envers soi-même
  • La responsabilité de son propre développement

Selon le Chapitre I de la Constitution et Règlement Additionnel de l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout.

L’Organisation mondiale du mouvement Scout reconnaît tout au plus une organisation par pays. Certains pays ont donc plusieurs organisations regroupées en une fédération, avec différentes composantes divisées sur la base de la religion (France, Danemark, Algérie), de l’identification ethnique (Bosnie-Herzégovine, Israël) ou de la langue (Canada).

 

En savoir plus sur Wikipedia

 
Pays Membres africains(depuis 2004 ou donnée la plus récente) Nom de l’organisation membre Date d’adhésion à l’OMMS Date de fondation Accepte les filles et les garçons
Afrique du Sud 10 504 South African Scout Association 1937 1908 les deux
Algérie 10 980 Scouts musulmans algériens 1963 1934 les deux
Angola 13 753 Associação de Escuteiros de Angola 1998 1998 les deux
Bénin 6 334 Scoutisme Béninois 1964 1932 les deux
Botswana 4 660 The Botswana Scouts Association 1958 1936 garçons uniq.
Burkina Faso 10 153 Fédération Burkinabé du Scoutisme (fédération de plusieurs organisations) 1972 1943 les deux
Burundi 6 505 Association des Scouts du Burundi 1979 1940 les deux
Cameroun 4 501 Les Scouts du Cameroun 1971 1937 les deux
Cap-Vert 733 Associação dos Escuteiros de Cabo Verde 2002 2002 NA
Comores 1 725 Wezombeli 1990 1975 les deux
République démocratique du Congo 71 433 Fédération des Scouts de la République démocratique du Congo 1963 1924 les deux
Équateur 4 064 Asociación de Scouts del Ecuador 1922 1920 les deux
Égypte 74 598 Egyptian Federation for Scouts and Girl Guides (fédération de plusieurs organisations) 1922 1914 les deux
Éthiopie 1 800 Ethiopia Scout Association 2002 1950 les deux
Gabon 3 736 Fédération Gabonaise du Scoutisme (fédération de plusieurs organisations) 1971 1936 les deux
Gambie 18 422 The Gambia Scout Association 1984 1921 les deux
Ghana 2 311 The Ghana Scout Association 1960 1912 les deux
Guinée 6 516 Association Nationale des Scouts de Guinée 1990/2005 1984 les deux
Haïti 9 859 Association Nationale des Scouts d’Haïti 1932/1940 1916 les deux
Kenya 262 106 The Kenya Scouts Association 1964 1910 les deux
Liberia 2 418 Boy Scouts of Liberia 1922/1965 1922 garçons uniq.
Libye 13 667 Public Scout and Girl Guide Movement 1958 1954 les deux
Madagascar 35 000 Firaisan’ny Skotisma eto Madagasikara (Fédération du Scoutisme Malagasy) 1960 1921 les deux
Malawi 4 000 The Scout Association of Malawi 2005 1996 NA
Maroc 12 304 Fédération Nationale du Scoutisme Marocain 1961 1933 les deux
Mauritanie 3 724 Association des Scouts et Guides de Mauritanie 1983 1947 les deux
Maurice 3 022 The Mauritius Scout Association 1971 1912 les deux
Mozambique 28 898 Liga dos Escuteiros de Moçambique 1999 1960 les deux
Namibie 2 161 Scouts of Namibia 1990 1917 garçons uniq.
Niger 4 347 Association des Scouts du Niger 1996 1947 les deux
Nigeria 46 701 Boy Scouts of Nigeria 1961 1915 garçons uniq.
Ouganda 92 919 The Uganda Scouts Association 1964 1915 les deux
Rwanda 18 859 Association des Scouts du Rwanda 1975 1940 les deux
Sénégal 26 361 Confédération sénégalaise du scoutisme (fédération de plusieurs organisations) 1963 1930 les deux
Seychelles 584 Seychelles Scout Association 1927 2002 les deux
Sierra Leone 7 902 Sierra Leone Scouts Association 1964 1909 les deux
Swaziland 4 994 Swaziland Boy Scouts Association 1968 1928 garçons uniq.
Tadjikistan 1 904 Ittihodi Scouthoi Tojikiston 1997 1991 les deux
Tanzanie 89 907 Tanzania Scouts Association 1963 1929 les deux
Tchad 8 123 Fédération du Scoutisme Tchadien (fédération de plusieurs organisations) 1974 1960 les deux
Togo 7 326 Association Scoute du Togo 1977 1920 les deux
Trinité-et-Tobago 3 787 The Scout Association of Trinidad and Tobago 1963 1911 les deux
Tunisie 19 236 Scouts tunisiens 1957 1933 les deux
Zambie 7 396 Zambia Scouts Association 1965 1930 les deux
Zimbabwe 2 275 The Boy Scouts Association of Zimbabwe 1980 1909 garçons uniq.

Comments

comments