23 septembre 1960 | Kwame Nkrumah, premier président du Ghana devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

L’impact monumental sur le monde moderne du réveil de l’Afrique est un fait majeur de notre époque. La grande vague du nationalisme africain balaie tout sur son passage et se présente comme un défi lancé aux puissances coloniales, afin qu’elles procèdent à une juste restitution, après des années d’injustices et de crimes commis contre notre continent (…)

Des années durant, l’Afrique a été la victime du colonialisme et de l’impérialisme, de l’exploitation et de la dégradation. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, ses enfants ont enduré les chaînes de l’esclavage et de l’humiliation. Pendant ce temps, les exploiteurs et les décideurs autoproclamés de notre destin souillaient nos terres, avec une incroyable sauvagerie, sans pitié, sans honte, sans respect. Ces jours sont révolus et à jamais révolus. Et en ce jour, dans cette auguste Assemblée des Nations Unies, m’adressant à vous, moi, un Africain, porteur d’un message de paix et de liberté, annonce au monde l’aube d’une ère nouvelle (…)

J’estime que les Nations Unies représentent la seule organisation capable de combler nos espoirs pour le futur de l’humanité (…) Les Nations Unies doivent, par conséquent, être à la hauteur de leurs responsabilités en demandant à ceux, qui à l’instar de l’autruche proverbiale, enfouissent leur tête dans le sable impérialiste, de la relever afin d’admirer le soleil flamboyant qui parcourt le ciel de la rédemption de l’Afrique. Les Nations Unies doivent inviter toutes les nations possédant des colonies en Afrique à leur accorder une indépendance totale (…) Aujourd’hui est un jour nouveau pour l’Afrique et, cette année, au moment où je vous parle, treize pays africains ont pris leur place dans cette auguste assemblée en tant qu’États indépendants et souverains (…) Nous sommes désormais vingt-deux dans cette Assemblée et beaucoup d’autres s’apprêtent à nous rejoindre.

Comments

comments