14 septembre 2003 | Guinée-Bissau: Renversement du président Kumba Yala

Le président de la Guinée-Bissau, Kumba Yala, est renversé le 14 septembre 2003. Ce coup d’État fomenté par l’armée, qui s’effectué sans effusion de sang, survient pendant une période de grande instabilité politique et économique en Guinée-Bissau.

Le 16 janvier 2000, Kumba Yala, le chef du Parti de la rénovation sociale (PRS), est devenu le premier président démocratiquement élu de la Guinée-Bissau qui ne fait pas partie du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). Toutefois, la situation se complexifie rapidement et, en novembre 2002, Yala dissout le gouvernement. La grogne à son endroit est motivée, entre autres, par le fait que différents corps d’emplois, dont les militaires, se retrouvent sans salaire au cours de l’année 2003. Autre facteur de mécontentement : le président Yala repousse constamment les élections législatives, ce qui accentue les tensions avec l’opposition. C’est dans ce contexte que le général Verrissimo Correira Seabra dépose le président Yala et emprisonne ce dernier le 14 septembre 2003. Cette nouvelle est généralement bien accueillie par la population bissau-guinéenne. Un comité militaire est ensuite mis sur pied, et un président intérimaire est nommé. L’armée promet d’organiser des élections démocratiques sous peu. Cependant, cette promesse tarde à prendre forme. En effet, il faut attendre mars 2004 avant que des élections législatives soient mises sur pied. Elles seront dominées par le PAIGC et le PRS qui obtiennent respectivement 45 et 35 des 100 sièges à l’enjeu. Pour sa part, le président Kumba Yala sera défait dès le premier tour de l’élection présidentielle qui se tient à l’été 2005.

 

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