D’après HRW, des migrants africains violés et torturés au Yémen

Des hommes, femmes et enfants fuyant la corne de l’Afrique ont été victimes de torture et de violences sexuelles aux mains de fonctionnaires yéménites, a rapporté mercredi l’organisation Human Rights Watch (HRW).

L’ONG de défense des droits de l’Homme a interrogé huit migrants ayant été détenus dans un centre du quartier de Buraika, à Aden (sud), ainsi que des responsables gouvernementaux yéménites.

En 2017, plus de 87.000 personnes sont arrivées au Yémen depuis la corne de l’Afrique en 2017, selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui a demandé un “accès sans entraves” aux détenus.

Des migrants étant passés par le centre de détention de Buraika ont été battus par des geôliers armés de barres métalliques, agressés sexuellement, et ont enduré de terribles conditions sanitaires, a indiqué HRW. Certains détenus, notamment de jeunes garçons, ont été violés par des geôliers, d’après le rapport.

“Chaque nuit, ils en prenaient un, pour le violer, a confié un ex-détenu. Pas tous. Les plus petits. Je connais sept garçons qui ont été agressés sexuellement.”

Au moins deux détenus ont été tués par balle, selon des témoins, a ajouté HRW.

Un ressortissant éthiopien qui a réussit à s’évader cette année a dit à l’ONG qu’il y avait seulement “deux façons” de quitter le centre de Buraika, en payant des passeurs ou en étant déporté par voie maritime vers Djibouti.

En janvier, plus de 150 Ethiopiens et Somaliens ont ainsi été entassés sur une embarcation surchargée à Aden, destination Djibouti, selon l’ONU et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

“Le gouvernement yéménite porte la responsabilité du décès des détenus déportés par voie maritime”, a dénoncé HRW.

L’ONG appelle le gouvernement yéménite, exilé à Aden, à faire respecter les normes internationales de l’ONU dans les centres de détention, faire en sorte d’avoir des gardiennes dans les locaux pour femmes, et mettre fin à la détention d’enfants.

Elle lui demande également de s’assurer que les détenus ont le droit de déposer une demande d’asile et de contester leur déportation.

Le Yémen est entré fin mars dans sa quatrième année d’une guerre meurtrière entre les rebelles Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa, et une coalition militaire sous commandement saoudien soutenant les forces du gouvernement internationalement reconnu.

Le conflit a fait quelque 10.000 morts, dont de nombreux civils, et a provoqué la “pire catastrophe humanitaire actuelle au monde”, selon l’ONU.

 

AFP

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