23 mars – 2 avril 1998 États-Unis – Afrique. Tournée du président Bill Clinton en Afrique

Le 23, Bill Clinton entame, au Ghana, une tournée de onze jours en Afrique. Cette visite d’une durée sans précédent est la première d’un président américain sur le Continent noir depuis celle du président Jimmy Carter en 1978. Bill Clinton apporte le soutien de son pays aux grands principes de la démocratie, de la paix et de l’ouverture sur l’économie mondiale qui conditionnent le développement de l’Afrique. Il évoque la prochaine adoption par le Congrès de la loi sur « la croissance et l’opportunité » en Afrique qui prévoit d’abolir les droits de douane pour les produits africains importés aux États-Unis en échange de la libéralisation des économies africaines et qui projette d’instaurer un forum économique américano-africain en vue de la création d’une zone de libre-échange. De son côté, le président ghanéen Jerry Rawlings met en lumière « certains aspects de l’actuel ordre économique international [qui] ont conduit à la marginalisation croissante de nombre de […] pays » africains.

Crédits : PA Photos
Lors de sa tournée en Afrique, le président Clinton (ici au côté de son homologue rwandais Pasteur Bizinungu) fait escale au Rwanda. S’adressant à des victimes et des survivants du génocide de 1994, il déplore l’inertie du monde occidental face à ce drame.

Le 24, en Ouganda, Bill Clinton exprime les regrets de son pays pour sa responsabilité dans le drame de l’esclavage.

Le 25, le président américain se rend au Rwanda où il reconnaît la responsabilité de la communauté internationale qui est restée passive face au génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

Le 24 également, à son retour de Kigali, Bill Clinton réunit à Entebbe (Ouganda) un sommet régional sur « la paix et la prospérité » auquel participent les chefs d’État de l’Érythrée, de l’Éthiopie, du Kenya, de l’Ouganda, de la république démocratique du Congo, du Rwanda et de la Tanzanie, ainsi qu’un représentant de l’Organisation de l’unité africaine. Les participants signent une déclaration défendant la démocratie, la libéralisation économique, le respect des droits de l’homme et visant à prévenir un nouveau génocide dans la région.

Le 26, le président Clinton arrive en Afrique du Sud, dont Washington est un des premiers partenaires économiques et dont il souhaite faire son allié principal dans le cadre des nouvelles relations américano-africaines. Toutefois, les dirigeants sud-africains rejettent le rôle de gendarme du monde exercé par les États-Unis ainsi que la logique libérale qu’ils appliquent dans leurs relations économiques.

Le 27, le président Nelson Mandela défend l’indépendance de son pays, justifiant notamment, devant son homologue américain, les relations entretenues par l’Afrique du Sud avec Cuba, la Libye ou l’Iran, au nom du soutien que ceux-ci ont apporté à la lutte antiapartheid. Il critique également la politique de Washington à l’égard de Bagdad. En outre, le président sud-africain dénonce la « loi sur la croissance et l’opportunité » en Afrique.

Les 1er et 2 avril, après une étape au Botswana, le 31, où le président Ketumile Masire a annoncé son retrait du pouvoir, Bill Clinton achève sa tournée africaine au Sénégal. Il y vante son « Initiative de réaction aux crises en Afrique », programme qui consiste à aider à la création d’une force africaine de maintien de la paix de dix mille à douze mille hommes.

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