9 Février 1909 | Accord franco-allemand sur le Maroc

La crise de Tanger, en 1905, est une crise internationale opposant les puissances européennes au sujet de la colonisation du Maroc, qui sera réglée, dans un premier temps, par la conférence d’Algésiras et la démission, à la demande de l’Allemagne, de l’inamovible ministre des Affaires étrangères français, Théophile Delcassé. Elle est provoquée par un discours de l’empereur Guillaume II à Tanger le 31 mars 1905, au cours duquel, s’opposant à l’instauration d’un équivalent de protectorat de la France sur le Maroc, celui-ci exige un État « libre et indépendant» afin de maintenir présents les intérêts allemands. L’une des premières crises du début du XXe siècle, elle marque la tension qui mènera jusqu’à la Première Guerre mondiale et fut suivie de la crise d’Agadir en 1911.

En politique extérieure, Clemenceau et Pichon se soumettent aux résultats de la Conférence d’Algésiras et probablement aussi à l’influence du parti colonial. En effet, lorsqu’en mars 1907 un médecin est assassiné au Maroc, il ordonne un débarquement et autorise le général Lyautey à occuper Oujda. Le 30 juillet 1907, plusieurs Français sont tués lors d’une émeute consécutive à la décision de faire passer un chemin de fer à travers un cimetière musulman. Cela finit par un bombardement de Casablanca en août puis par l’occupation de Settat. Ces « incidents » (comme ils sont qualifiés en France…) suscitent aussi quelques remous avec l’Allemagne. En 1908, une querelle franco-allemande au sujet de la désertion de soldats de la Légion étrangère finit par un arbitrage de la Cour de La Haye, qui donne raison à la France le 22 mai 1909.

Le 9 février 1909, par un accord franco-allemand, Paris s’engage à accorder l’égalité de traitement aux ressortissants allemands au Maroc, tandis que Berlin reconnaît la légitimité de la France à s’octroyer le maintien de l’ordre dans le pays.

En revanche, un décret du 24 septembre 1908 propose une timide réforme en Algérie, avec l’élection des conseillers généraux indigènes, jusque là nommés par le gouverneur. En octobre 1908, une délégation des Jeunes Algériens vient réclamer la reconnaissance de l’ensemble des droits civils et politiques pour les Algériens « évolués ». Clemenceau se heurte à ce sujet aux Européens d’Algérie ; il se rattrapera avec la loi du 4 février 1919, louée par Messali Hadj.

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