6 Février | Journée mondiale contre les mutilations génitales féminines

Les mutilations génitales féminines (MGF) sont considérées au niveau international comme une violation des droits des filles et des femmes. Elles reflètent une profonde inégalité entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l’égard des femmes. Étant donné qu’elles sont souvent pratiquées sur des mineurs d’âge, elles constituent aussi une violation des droits de l’enfant.

Ces pratiques violent également les droits à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique, le droit d’être à l’abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsqu’elles ont des conséquences mortelles.

On rencontre ces pratiques principalement dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient mais les mutilations génitales féminines restent cependant un problème universel, étant donné qu’elles sont aussi pratiquées dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine.

Les mutilations génitales féminines persistent aussi parmi les populations immigrées qui vivent en Europe occidentale, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Les mutilations génitales féminines existent depuis des centaines d’années mais plusieurs preuves scientifiques démontrent qu’elles pourraient être éliminées en une génération. Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) dirigent conjointement le plus grand programme mondial visant à accélérer l’abandon des mutilations génitales féminines. Ce Programme conjoint FNUAP-UNICEF est concentré dans 17 pays africains et soutient également différentes initiatives régionales ou internationales.

Le 20 décembre 2012, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution A/RES/67/146 par laquelle elle engage les États, le système des Nations Unies, la société civile et tous les acteurs concernés à continuer de célébrer le 6 février la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines et à saisir l’occasion de cette journée pour intensifier les campagnes de sensibilisation et prendre des mesures concrètes contre les mutilations génitales féminines.

En décembre 2014, l’Assemblée générale a également adopté sans vote la résolution A/RES/69/150 par laquelle elle engage les États à mettre davantage l’accent sur la formulation de stratégies globales de prévention des mutilations génitales féminines, y compris à travers la formation des prestataires de soins, la société civile, les dirigeants locaux et les chefs religieux et faire en sorte qu’ils s’emploient à éliminer toutes les formes de mutilations génitales féminines aux conséquences préjudiciables pour les femmes et les filles. Cette résolution reconnaît également qu’il est nécessaire d’intensifier la lutte pour l’élimination des mutilations génitales féminines et de lui accorder toute l’attention voulue lors de l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.

Classification

Les mutilations sexuelles féminines se classent en quatre catégories:

  • Clitoridectomie: l’ablation partielle ou totale du clitoris (petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins) et, plus rarement, seulement du prépuce (le repli de peau qui entoure le clitoris).
  • Excision: ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres (qui entourent le vagin).
  • Infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal par la création d’une fermeture, réalisée en coupant et en repositionnant les lèvres intérieures, et parfois extérieures, avec ou sans ablation du clitoris.
  • Autres: toutes les autres interventions préjudiciables au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux.

Aucun bienfait pour la santé, seulement des dangers

Les mutilations génitales féminines ne présentent aucun avantage pour la santé et sont préjudiciables à bien des égards aux filles et aux femmes. Elles comportent l’ablation de tissus génitaux normaux et sains ou endommagent ces tissus et elles entravent le fonctionnement naturel de l’organisme féminin.

Les complications immédiates peuvent être une douleur violente, un état de choc, une hémorragie, le tétanos ou une septicémie (infection bactérienne), la rétention d’urine, l’ulcération génitale et une lésion des tissus génitaux adjacents. Les conséquences à long terme sont notamment :

  • des infections récurrentes de la vessie et des voies urinaires;
  • des kystes;
  • la stérilité;
  • un risque accru de complications lors de l’accouchement et de décès des nouveau-nés;
  • la nécessité de pratiquer ultérieurement de nouvelles opérations chirurgicales. Par exemple, en cas de fermeture ou de rétrécissement de l’orifice vaginal, il faudra procéder à une réouverture pour permettre à la femme d’avoir des rapports sexuels et d’accoucher. Ainsi, l’orifice vaginal est parfois refermé à plusieurs reprises, y compris après un accouchement, ce qui accroît et multiplie les risques immédiats et à long terme.

Bien qu’aucune raison médicale ne justifie la pratique des mutilations génitales féminines, celles-ci sont le plus souvent exécutées par des professionnels de la santé dans de nombreux pays, ce qui représente l’un des plus grands obstacles à leur abandon. Une analyse récente des données disponibles démontre en effet que plus de 18% des filles et des femmes qui ont subi des mutilations génitales ont eu cette procédure pratiquée par un prestataire de soins de santé. Dans certains pays, ce nombre s’élève à 74%.

Quelles sont les populations exposées?

Les mutilations génitales sont principalement pratiquées sur des filles, dès la petite enfance et jusqu’à l’âge de 15 ans ou, à l’occasion, sur des femmes adultes.

En Afrique, près de 3 millions de jeunes filles risquent de subir chaque année des mutilations génitales féminines.

Environ 200 millions de filles et de femmes dans le monde vivent aujourd’hui avec des séquelles dues à des mutilations génitales. On estime qu’en Afrique, près de 92 millions de jeunes filles, âgées de dix ans et plus, ont subi des mutilations génitales.

Ces pratiques sont plus courantes en Afrique de l’ouest, de l’est et dans le nord-est du continent africain, ainsi que dans certains pays d’Asie et du Moyen-Orient, de même qu’au sein de certaines communautés d’immigrants en Amérique du Nord et en Europe.

Facteurs culturels, religieux et sociaux

Les causes des mutilations génitales féminines impliquent des facteurs à la fois culturels, religieux et sociaux au sein des familles et des communautés.

  • Là où les mutilations génitales relèvent d’une convention sociale, la pression sociale qui incite à se conformer à ce que font ou ont fait les autres constitue une forte motivation pour perpétuer cette pratique.
  • Les mutilations génitales sont souvent considérées comme faisant partie de la nécessaire éducation d’une fille et de sa préparation à l’âge adulte ou au mariage.
  • Cette pratique est également souvent motivée par des croyances relatives à ce qui est considéré comme étant un comportement sexuel approprié, lié à la virginité prénuptiale et à la fidélité. Selon les croyances de nombreuses communautés, les mutilations génitales réduiraient en effet la libido féminine, ce qui aiderait les femmes à résister aux actes sexuels « non appropriés ». Lorsqu’une ouverture vaginale est obstruée ou rétrécie, la crainte de douleurs en cas de réouverture, et la peur que cette réouverture soit découverte, sont censées décourager les femmes d’avoir des relations sexuelles « non appropriées ».
  • Les mutilations génitales sont aussi associées à des idéaux culturels de féminité et de modestie, selon lesquels les jeunes filles seraient « propres » et « belles » après l’ablation de certaines parties de leur anatomie considérées comme « masculines » ou « pas propres ».
  • Bien qu’aucun texte sacré ne prescrive cette intervention, celles et ceux qui la pratiquent pensent souvent qu’elle a un fondement religieux.
  • Les autorités religieuses adoptent des positions variables à l’égard des mutilations génitales féminines : certaines les préconisent, d’autres les considèrent comme étrangères à la religion et d’autres encore contribuent à leur élimination.
  • Les structures locales du pouvoir et de l’autorité, tels que les dirigeants communautaires, les chefs religieux, les circonciseurs et même certains agents de santé peuvent contribuer à conforter cette pratique.
  • Dans la plupart des sociétés, les mutilations génitales féminines sont considérées comme étant une tradition culturelle. Il s’agit d’un argument souvent avancé pour les perpétuer.
  • Dans certaines sociétés, l’adoption récente de cette pratique s’explique par la volonté de reproduire les traditions de groupes voisins. On trouve parfois à l’origine de la pratique de mutilations génitales féminines un mouvement de recrudescence religieuse ou de traditions.
  • Des mutilations génitales sont également pratiquées par des nouveaux groupes lorsqu’ils arrivent dans des régions où les populations locales les pratiquent.

L’action du FNUAP

Depuis 2008, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) codirigent le plus grand programme mondial visant à accélérer l’abandon des mutilations génitales féminines et à soigner leurs conséquences. Ce programme travaille aux niveaux communautaire, national, régional et international pour sensibiliser aux conséquences néfastes des mutilations génitales et permettre aux communautés, ainsi qu’aux femmes et aux filles, d’abandonner ces pratiques.

Le FNUAP contribue à renforcer les services de santé afin de prévenir la pratique des mutilations génitales et de soigner les complications qu’elles peuvent entraîner.

Le Fonds des Nations Unies pour la population travaille également avec des organisations de la société civile, qui organisent des séances d’information et de dialogue dirigées par les communautés elles-mêmes. Ces activités se concentrent sur les questions de santé et de respect des droits de l’homme. Le Fonds travaille aussi avec les chefs religieux et traditionnels afin de dissocier les mutilations génitales féminines du religieux et de rallier leur soutien à l’abandon de ces pratiques. Enfin, le FNUAP mène des activités en partenariat avec les médias afin d’encourager le dialogue au sujet des mutilations génitales et de modifier le point de vue des filles qui n’ont pas encore subi de mutilation génitale.

Pour en savoir plus, consultez le site internet du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP)

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