27 janvier 1996 | Niger: Renversement du président Mahamane Ousmane

Une crise politique, provoquée par la défaite du parti du président Mahamane Ousmane aux élections législatives de janvier 1995, se termine par un coup d’État militaire le 27 janvier 1996. Le colonel Ibrahim Baré Maïnassara, qui prend alors le pouvoir, se fera élire à la présidence le 8 juillet suivant.

Le Niger a entrepris un virage démocratique au début des années 1990. Après la formation d’un gouvernement de transition, en 1991, la population s’est prononcée à 90% en faveur d’une nouvelle Constitution, le 26 décembre 1992. L’instauration du multipartisme a permis de tenir en 1993 les premières élections démocratiques de l’histoire du pays. Le président Mahamane Ousmane fut alors reconduit dans ses fonctions. Un différend sur le choix du premier ministre entraîne la tenue d’autres élections législatives en janvier 1995. Elles permettent au Mouvement national pour la société de développement (MNSD) d’arriver en tête, avec 29 sièges sur 83, et de diriger un gouvernement de coalition. Pour sa part, le parti du président Ousmane se retrouve dans l’opposition avec 24 sièges. Une grave crise politique s’ensuit alors que le président et le premier ministre, qui appartiennent à des factions opposées, doivent cohabiter. Cette instabilité politique, à laquelle se greffe une difficile situation économique, incite les militaires à prendre le pouvoir le 27 janvier 1996. Ils dissolvent le gouvernement et composent un Comité de salut national dont le nouveau président est le colonel Ibrahim Baré Maïnassara. Les grandes puissances, dont la France et les États-Unis, condamnent ce coup d’État, ce qui n’empêche pas le nouveau président de se faire élire au premier tour du scrutin de juillet 1996 avec 52% des voix. L’opposition contestera cependant la validité de cette élection. Baré Maïnassara dirigera le Niger jusqu’à son assassinat par des militaires, en avril 1999.

 

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