10 Janvier | Jour de fête nationale du vaudou au Bénin

Depuis une vingtaine d’année maintenant, chaque journée du 10 janvier est consacrée au Vaudou. Il s’agit d’une commémoration nationale décrétée par le président Nicéphore Soglo en 1994 en accord avec les dignitaires et responsables des cultes du vaudou. La journée est donc fériée et payée sur tout le territoire national. Cette année, les manifestations officielles ont eu lieu à Abomey-Calavi, une commune située à trente kilomètres environs au nord de Cotonou. Pour le ministre de l’Intérieur de la Sécurité publique et des cultes, M. François HOUESSOU, l’édition de cette année est placée sous le signe de  la tolérance, la sagesse de l’humilité et de la paix.

Ailleurs dans le pays, les couvents et les temples ont été remis à neuf pour la circonstance. Les vodounsi (adeptes du vaudou) se sont parés pour célébrer leurs divinités. Un peu partout à Cotonou, mais surtout à l’intérieur du pays, cette célébration a été accompagnée de démonstrations spectaculaires. Celles-ci, comme à chaque année, ont attiré des milliers d’adeptes, de curieux et de touristes venus de divers horizons pour vivre la quintessence de l’événement.

Au-delà de toutes ces festivités qui entourent la fête du Vaudou, l’essence même de l’entité reste peu appréhendée.  La complexité de ses voies et le mystère qui entoure ses pratiques alimentent régulièrement la confusion autour même  de son but. Certaines personnes n’hésitant pas à assimiler systématiquement le Vaudou au diable ou au « mal », ce dont se défendent évidemment les vodounon et les vodounsi.

Le Vaudou, c’est quoi ?

Le Vaudou est une religion originaire de l’ancien royaume du Danhomè (actuel Bénin). « Il désigne l’ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l’affirmation d’un monde surnaturel, mais aussi l’ensemble des procédures permettant d’entrer en relation avec celui-ci ». Ces rites consistent notamment à entrer en relation avec un ensemble de dieux. Le panthéon vaudou est donc composé de dieux dont la plupart sont  l’incarnation ou la représentation de la puissance d’éléments de la nature ou de réalités plutôt abstraites. Ainsi, nous avons par exemple le Sakpata, dieu de la terre, le Hêviosso, dieu du tonnerre et de la foudre ou encore le Mami Wata divinité des eaux. Toutes ces entités divines seraient directement ou non issues de Mawu et Lissa, incarnation des principes originels masculin et féminin.

Parti du Bénin, le vaudou s’est exporté dans le monde entier notamment en Amérique du sud et dans les caraïbes (via la traite négrière notamment)  d’où son importante présence au Brésil et en Haïti. Le vaudou peut être décrit comme une culture, un art, des danses, un langage, un art de la médecine, un style de musique, une justice, un pouvoir, une tradition orale et des rites. En effet, depuis plusieurs années le vaudou fait l’objet de travaux de recherches effectués par des chercheurs et universitaires à travers le monde. Il a également intégré la culture populaire tant son environnement inspire de nombreux artistes mais aussi des écrivains et des cinéastes.

Cependant, le vaudou n’a pas toujours bénéficié des meilleures faveurs sur ses propres terres de naissance. En 1972, le régime marxiste-léniniste mis en place à l’époque par le général Mathieu Kérékou le compare à la sorcellerie. Les rassemblements et les cérémonies étaient interdits, les adeptes traqués et jetés en prison. Ce n’est qu’en 1991 avec l’arrivée au pouvoir de Nicéphore Soglo qu’il sera restauré. C’est d’ailleurs ce dernier qui instaura en 1994 cette célébration du 10 janvier.

Selon les statistiques du recensement de 2002, 17% des Béninois pratiquent les religions traditionnelles alors que les chrétiens catholiques et protestants représentent 39% de la population contre 24% de musulmans. Dans la réalité, le culte du vaudou est beaucoup plus répandu. En effet, beaucoup de Béninois, même quand ils pratiquent déjà une autre religion y restent très attachés. Ils participent aux cérémonies et y ont recours en cas de nécessité même s’ils ne le déclarent et l’assument ouvertement.

 

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