9 JANVIER 1920 | HOMMAGE AUX TIRAILLEURS DISPARUS DANS LE NAUFRAGE DU PAQUEBOT L’AFRIQUE

C’est de Bordeaux, le 9 janvier 1920, sur les quais des Chartrons, que partit le paquebot L’Afrique de la Compagnie des chargeurs réunis. À son bord, 599 occupants (dont 132 membres de l’équipage), outre les compagnies de tirailleurs entassés dans l’entrepont, des fonctionnaires de l’administration coloniale, des hommes d’affaires, des commerçants, leurs femmes et enfants » , rapporte Karfa Diallo. Dès son appareillage, les premiers incidents apparaissent, avec des pannes notamment au moment de sortir de l’estuaire de la Gironde. Quelques heures plus tard, les commandes du paquebot ne répondent plus, et le commandant envoie les premières demandes de secours. En vain. « L’évacuation, ordonnée par le commandant Le Dû dans la nuit du 12 au 13 janvier 1920 entre l’île de Ré et Les Sables-d’Olonne, est problématique en raison des fortes houles de l’océan démonté. À 3 heures du matin, L’Afrique sombre avec presque tous ses passagers, dont son commandant. Ses derniers mots furent, paraît-il : “Je suis drossé. Je vais talonner. Je marche sur le feu. Je coule.” Pendant plusieurs mois, l’océan rendit les corps sur les plages atlantiques de Vendée, de l’île de Ré ou de l’île d’Yeu.

À l’exception de trente-six survivants, dont quatorze Sénégalais, trois passagers, et dix-sept membres de l’équipage, mais aucune femme et aucun enfant aconte Karfa Diallo . Son souci : qu’à l’occasion du centenaire de la guerre de 1914-1918, un hommage soit rendu à ces tirailleurs.

La requête d’un hommage national

Basée à Bordeaux (Gironde) et Dakar (Sénégal), l’association que Karfa Diallo préside a décidé de lancer une pétition dans le sens d’un hommage donc. Et le voilà adressant un « plaidoyer » au chef de l’État français, François Hollande, et à Alain Juppé, le maire de Bordeaux. « Pour un hommage national aux tirailleurs naufragés de l’Afrique », a expliqué Karfa Diallo ce mercredi 27 janvier 2016 dans des propos recueillis par l’AFP. L’une des plus grandes catastrophes maritimes françaises du siècle dernier est tombée dans l’oubli après avoir suscité à l’époque une vive controverse, sur les raisons du naufrage de ce paquebot armé par les Chargeurs réunis. Que retint la version officielle en 1932 ? L’hypothèse d’une voie d’eau provoquée par un choc contre une épave de la Première Guerre mondiale.

 

PAR VIVIANE FORSON

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