30 décembre 1959 | Cameroun: Le parti U.P.C. lançait au crépuscule deux mille maquisards

Un gaullisme adapté aux conditions africaines

Le 30 décembre 1959, l’intraitable Union des populations du Cameroun (U.P.C.) lançait au crépuscule deux mille maquisards contre l’aérodrome de Douala, pour baptiser à sa manière l’indépendance obtenue avec des moyens plus pacifiques par le premier ministre, M. Ahmadou Ahidjo. Trente-six heures plus tard, une attaque de moindre envergure ensanglantait encore la banlieue de Yaoundé. Mais par leur nombre et leur qualité, les diplomates venus dans la capitale des quatre coins du monde, consacraient l’importance déjà reconnue au nouvel Etat.

Secrétaire général de l’ONU, M. Dag Hammarskjoëld apportait naturellement son parrainage à un territoire placé jusqu’à la veille sous la tutelle des Nations unies. En la personne de son délégué permanent auprès d’elles, M. Cabot Lodge, le général Eisenhower confiait à un éminent collaborateur le soin de représenter l’Amérique. Résolue à montrer autant de politesse, l’U.R.S.S. envoya une for t e ambassade, conduite par MM. Koslov et Firioubine, avec un message où le maréchal Vorochilov, alors président du présidium du Soviet suprême, assurait la jeune République de sa « sympathie constante ».

En dehors du Ghana et de la Guinée « révolutionnaires », les autres puissances exprimaient des voeux analogues, de la Chine communiste à Israël, en passant par l’Angleterre, la Fédération du Mali, ou l’Allemagne fédérale. Néanmoins, les pays de l’Est touchaient de trop près la subversion intérieure, qu’ils ravitaillaient en armes et en argent, pour ne pas inspirer quelques doutes sur la nature exacte de leurs sentiments.

Faute d’entraîner un soulèvement populaire par ses violences, l’opposition réussit au moins à fixer la politique étrangère de l’équipe en place pour plusieurs années. Comme celui de M. Moktar Ould Daddah en Mauritanie, quelques mois plus tard, le gouvernement camerounais sentit soudain sa légitimité, son existence même remise en cause par les concours offerts du dehors à ses ennemis de l’U.P.C. Simultanément, un litige frontalier l’opposait au Nigéria et l’exposait aux offensives d’un puissant voisin.

A Yaoundé comme à Nouakchott, où les revendications marocaines suscitaient un malaise comparable, cette double menace inspira une combinaison très subtile de souplesse et d’intransigeance envers l’étranger. Avec le concours de la France, chacun des deux Etats poursuivit sans relâche les mécontents soutenus de l’extérieur. Mais, en secret, ils multipliaient aussi les démarches, les conversations auprès des régimes hostiles, pour les convaincre de changer leur attitude. Ils entendaient ainsi, l’un et l’autre, affranchir leur appartenance à la communauté internationale de toute hypothèque idéologique.

Les affinités du caractère et de la formation entre deux musulmans pieux, secrets, taciturnes, autoritaires, assurés l’un et l’autre de remplir une mission, expliquent peut-être les diplomaties curieusement parallèles de MM. Moktar Ould Daddah et Ahmadou Ahidjo. Dans l’esprit où le premier rechercha inlassablement le dialogue avec Hassan Il, le second affirmait dès 1962, devant le congrès de son parti, l’Union camerounaise (U.C.), réuni à Ebolowa : « Ce serait une erreur d’ignorer les pays de l’Est, et c’est pourquoi nous enverrons prochainement dans ces pays une mission de bonne volonté. »

A la longue, de tels propos ne pouvaient laisser indifférents les communistes, mal assurés des chances finales de l’U.P.C., dans la région de Dschang, Bafang et Bafoussam, où le chef rebelle Ernest Ouandié animait courageusement quelques maquis. En septembre 1964 une délégation chinoise, conduite par le vice-ministre du commerce extérieur, M. Lu Hu-chang, reçut un accueil cordial à Yaoundé, où les Soviétiques affermissaient déjà leur représentation. Deux mois plus tard, l’engagement diplomatique et militaire de Pékin derrière les lumumbistes congolais, l’entraînement à Nankin des terroristes chargés d’abattre le président Diori Hamani, du Niger, gaspillèrent vite ces résultats. Malgré son désir de conciliation, le gouvernement conservateur de M. Ahidjo ne pouvait s’entendre avec le maoïsme, impliqué dans la lutte révolutionnaire contre plusieurs Etats modérés du continent noir. Cette rupture n’altéra évidemment pas les rapports corrects établis avec l’U.R.S.S.

Sans l’indépendance très réelle qu’il sut affirmer envers l’ancienne métropole dès 1960, le Cameroun aurait peut-être manoeuvré ses adversaires avec moins de bonheur. Avec les cinq bataillons d’outre-mer, les chasseurs-bombardiers T-26 et l’escadron blindé mis sous les ordres du général Briand à sa disposition, le gaullisme contribua puissamment à réduire l’effervescence en zone bamiléké. En même temps, les autorités locales confirmaient leur association à la Communauté économique européenne. A l’inverse du Sénégal ou de la Côte-d’Ivoire, elles évitèrent néanmoins très soigneusement toute apparence de contacts trop intimes avec la Ve République.

Cette réserve n’empêche pas une coopération très active. Entre 1959 et 1970, la France accorda ainsi une aide financière évaluée à 41 milliards de francs C.F.A., dont 72 % sous forme de subventions. Actuellement, mille cent quatre-vingt-dix-huit de ses ressortissants apportent une précieuse assistance culturelle et technique. Non sans parfois quelque raideur, les dirigeants du Jeune Etat maintiennent une séparation rigoureuse entre les concours obtenus à Paris et leur politique étrangère. Fort de son intransigeance, M. Ahidjo n’hésita pas à se rendre au Caire, à Washington, à Moscou, pour convaincre ses interlocuteurs de sa liberté.

Voici quelques mois, la capture puis l’exécution publique de son vieil adversaire Ernest Ouandié lui permirent de reprendre avec Pékin les conversations interrompues sept ans plus tôt. Après la défaite du dernier maquis, M. Chou En-lai et ses diplomates ne possédaient plus aucune raison de se compromettre avec les fantômes ou les souvenirs de l’U.P.C. Dès le 2 mars 1971, un communiqué officiel publié simultanément dans les deux pays annonçait l’ouverture de relations normales entre eux. Le gouvernement de Yaoundé confirma ainsi qu’il reconnaissait celui de la Chine populaire « comme l’unique gouvernement légal représentant le peuple chinois tout entier ». En échange, l’autre partie assura qu’elle apporterait son soutien à « la politique de non-alignement pratiquée par le gouvernement de la République fédérale du Cameroun ». Par une coïncidence bien symbolique, les conversations préliminaires avaient été conduites en grand secret avec M. Feng Yu-chiu, ambassadeur du président Mao en Mauritanie.

Dans les rapports nécessaires mais sans chaleur qu’il entretient avec le continent noir, M. Ahidjo déploie volontiers le pragmatisme sans illusion qu’il applique au reste du monde. Dès 1961, il rallia l’Union africaine et malgache (U.A.M.) afin d’obtenir le secours de ses voisins modérés contre le Ghanéen Kwame N’Krumah et Sekou Touré, résolument solidaires de la révolte bamiléké. Pour la même raison, il participa ensuite à l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM), lancée en 1965 après l’apparition de graves antagonismes au sein de l’Organisation de l’Unité africaine (O.U.A.), entre « réformistes » et « révolutionnaires ».

En 1963, le président et ses collaborateurs avaient pourtant mis de grands espoirs dans la vaste association d’Addis-Abéba. En raison de leur prolongement anglophone vers les territoires de tradition britannique, ils souhaitaient prendre une position avantageuse d’intermédiaires au sein du nouveau système. Ses divisions internes les amenèrent assez rapidement à se cloîtrer dans un particularisme jaloux, et à suivre sans y croire les tentatives ultérieures d’alliances régionales. Depuis 1966, pourtant, le siège de l’OCAM se trouve à Yaoundé. Mais son coeur n’y bat guère. La récente rupture avec Air Afrique et la création d’une compagnie aérienne autonome en juillet 1971 symbolisent assez cette réserve, très critiquée en Côte-d’Ivoire.

Depuis la guerre du Biafra, le gouvernement camerounais s’oppose de son côté avec une vigueur croissante aux nouvelles orientations de la diplomatie abidjanaise. En janvier, son chef porta des jugements sévères sur le « dialogue » avec Pretoria. Malgré sa circonspection coutumière, il annonça qu’il n’assisterait pas à la conférence annuelle de l’OCAM, prévue à Fort-Lamy, si M. Houphouët-Boigny voulait l’utiliser pour défendre ses théories. La menace obligea l’interlocuteur à rester chez lui.

Une telle intransigeance rompt d’ailleurs de manière assez inattendue avec l’empirisme pratiqué depuis 1960. En privé, M. Ahidjo s’est défini une fois comme un « gaulliste africain ». La boutade ne signifie certes pas qu’il approuva, comme africain, toutes les décisions du général de Gaulle, mais qu’il pratique pour son propre pays les méthodes, les principes développés par le fondateur de la Ve République. A son exemple, le président considère ainsi la nation et son indépendance comme des valeurs intangibles.

Avec ses finances équilibrées, des richesses substantielles, le respect de ses voisins, son crédit auprès de l’Allemagne fédérale et de la France, le Cameroun pourrait légitimement revendiquer plus d’influence au sud du Sahara. Mais son chef croit trop à l’Afrique des patries pour se lancer dans une telle aventure.

Bien que les ethnies soient souvent les mêmes de part et d’autre de la frontière des deux Etats fédérés, les façons de vivre, les mentalités aussi n’étaient , pas exactement les mêmes. Les dimanches se passent gravement en Cameroun-Occidental, plus bruyamment en Cameroun-Oriental. Les Africains du Cameroun-Oriental attachent plus d’importance à un bon repas que ceux du Cameroun-Occidental. La tentation était grande pour le Cameroun ex-français de se tailler la part du lion dans l’administration ou en matière de langue, par exemple. Les dirigeants ne sont pas tombés dans le piège. C’est un très grand mérite de leur part. Il y a trois journaux officiels dont l’un rédigé en anglais pour le Cameroun dépendant de Buea, un autre en français pour le Cameroun dépendant de Yaoundé, et un troisième bilingue pour les institutions et les textes se rapportant à l’ensemble de la fédération. On a prévu qu’en cas de difficulté entre les deux textes, le texte français ferait foi. En matière d’enseignement, l’anglais est obligatoirement la première langue enseignée au Cameroun francophone, et le français en pays anglophone. Des méthodes modernes sont mises en jeu pour que les deux langues soient apprises même dans les écoles primaires. Des lycées fédéraux bilingues et une université fédérale, également bilingue, existent depuis plusieurs années. Les fonctionnaires fédéraux sont mutés de plus en plus facilement de l’un à l’autre Etat.

Nous pensons que ce schéma, qui se veut objectif, montre que sur le plan des institutions pratiques de grandes réalisations ont été menées à bien. Et pourtant, le Cameroun est tellement divers ! Le Cameroun francophone groupe à lui seul une centaine d’ethnies, qui souvent se trouvaient en rivalité dans un passé pas toujours très éloigné. La réunification ne parait pas avoir créé de nouvelles difficultés. Au contraire, elle a permis aux Mbos et Bamilékés, ainsi qu’aux « côtiers des deux côtés de la frontière, de se retrouver.

Des populations aux qualités diverses
Très sommairement, on peut dire que les 5 400 000 Camerounais que compte la fédération se groupent à peu près en 1 million pour le Cameroun-Occidental et 4 400 000 pour le Cameroun-Oriental. Naturellement, ces chiffres ne peuvent être guère que des estimations, les véritables recensements ne pouvant s’effectuer que dans les villes avec assez de rigueur. Parmi les zones fortement peuplées, citons la côte, depuis Victoria jusqu’à la hauteur d’Edéa, la région du Mungo et le pays bamiléké, de part et d’autre de la limite des deux Camerouns, soit environ 1 300 000 habitants ; le pays béti : Yaoundé, Batchenga, Akonolinga, Mbalmayo, soit 600 000 personnes ; et au nord le secteur compris entre Garoua, sur la Bénoué. Maroua et le pays matakam, soit 800 000 âmes.

Inversement, certaines régions sont quasiment vides : la plus grande partie de l’Adamaoua et dans le Sud-Est, aux confins du Congo-Brazzaville, enfin dans les zones amphibies près des bords du Chari, vers l’embouchure, sur le lac Tchad. Mais des contrées hier encore désertes se peuplent, grâce à la création de nouveaux axes, routes ou chemin de fer transcamerounais. La grande forêt, qui s’étendait en 1956 entre Douala et Edéa, ne sera bientôt plus qu’un souvenir ; elle a subi les assauts des défricheurs africains qui venaient par la route Razel. De même. la région comprise entre Yabassi et Bafang s’est humanisée depuis que le génie militaire y a ouvert une route et que des pionniers s’y sont installés. Il en ira certainement demain de même pour le secteur proche de Ngaoundéré lorsque, vers 1973, le transcamerounais atteindra cette bourgade et poussera peut-être une antenne en direction de Baïbokoum et de Moundou, au Tchad. Les moyens de transport (1) comme nous l’écrivions il y a dix ans déjà, contribuent beaucoup au brassage des ethnies très nombreuses et facilitent l’unification.

Le Nord, qui a le moins évolué jusqu’ici, parce qu’il est précisément privé de moyens qui le mettent en contact rapide avec la côte, groupe pourtant des populations très attachantes (2) : les Mandaras, les Matakams et les Mofous, implantés aux seizième et dix-septième siècles. Mais, à vrai dire, les non-Foulbés se groupent aussi bien sur le territoire fédéral qu’au Tchad ou au nord du Nigéria. Les populations paléosoudanaises sont très saines, qu’il s’agisse des Mousgoums, des Massas ou des Podokwos. Elles savent aussi bien édifier des cases-obus que cultiver en terrasses. Jadis nues, ces populations, que commence à pénétrer lentement le christianisme, se mettent à évoluer. C’est surtout dans les plaines et les grandes villes du Nord que se trouvent les Peuls ou Foulbés. Dans les campagnes, ils sont éleveurs, dans les villes, artisans, commerçants ou transporteurs. Contrairement aux paléo-Tchadiens et aux Saras venus du sud du Tchad, ils pratiquent l’islam.

Dans l’ouest du Cameroun-Oriental et le centre-ouest, on rencontre les Bamouns, qui forment un peuple très beau physiquement.

Ils aiment l’art sous toutes ses formes. Ce groupe a pu former de bonne heure un Etat. Un de ses princes, le sultan Njoya Arouna, avait, avant l’arrivée des Européens, découvert un système d’écriture formé de cinq cent dix lettres ou signes ; l’ayant sans cesse simplifié, il était arrivé à quatre-vingt-trois signes et dix chiffres. Il avait dressé des cartes pour faciliter l’administration de son pays.

Aux Bamouns, en partie musulmans, s’opposent les Bamilékés, très nombreux, très prolifiques, extrêmement entreprenants et travailleurs. Ils sont cultivateurs dans des fermes disposées dans un bocage, transporteurs, artisans, commerçants. Ils ont le goût de l’épargne. Ils sont encore largement polygames. La femme du paysan est d’abord une ouvrière à la plantation. Très attachés à leurs coutumes, mais aussi très ouverts à la vie moderne dans les villes, le christianisme fait chez eux des progrès relativement lents.

Le Centre et le Sud sont le domaine des Bétis : Bassas, Ewondos, Boulous, pour ne citer que les ethnies principales. Ce sont de bons paysans, très accueillants, qui cultivent bananes, cacao et café. Ils se mettent petit à petit à s’adonner au transport et au commerce. Largement christianisés, ils aiment l’art de la « palabre » et deviennent volontiers magistrats, fonctionnaires. Les Ewondos ont un goût prononcé pour l’uniforme.

Dans cette revue bien sommaire, il conviendrait d’ajouter les « côtiers » : Doualas, Malimbas, Bakokos, Batangas à l’origine pêcheurs, mais de plus en plus commerçants ou fonctionnaires.

Tous les échelons de l’évolution

Ce pays, aux populations si diverses, est aussi varié dans son aspect climatique ou physique. A l’exception des climats désertique et méditerranéen, il renferme tous les types que l’on peut découvrir en Afrique noire (3) . Sa topographie, d’une grande variété, est due à une structure plus complexe que beaucoup d’autres pays d’Afrique. Les reliefs faillés et le volcanisme y jouent un rôle déterminant, si bien que le Cameroun possède une gamme très riche de paysages : plaines humides du Sud, amphibies ou sèches dans le Nord, plateaux ayant connu les bienfaits du volcanisme, plaines côtières qui permettent, grâce à des estuaires navigables, de pénétrer assez loin à l’intérieur du pays. La République fédérale, avec ses hauts plateaux, où s’allient la fraicheur des pâturages et la fertilité des plantations de café, avec ses fleuves généralement abondants toute l’année et déjà utilisés par l’industrie métallurgique, fait figure de pays riche en comparaison de tant de pays d’Afrique moins bien dotés par la nature. S’il existe des contrées au sol ingrat et peu fertile, elles sont en minorité.

Le Cameroun offre à qui veut le découvrir un échantillon de toutes les civilisations noires. Tous les échelons de l’évolution s’y coudoient.

Des moyens de communication qui se développent de jour en jour, des centres d’accueil de mieux en mieux conçus dans les villes, les campagnes, ou sur les itinéraires des grandes chasses (4). tout cela permet, grâce aux assouplissements des formalités d’entrée, la venue des touristes, des savants et des gens désireux d’entreprendre des investissements (5), au milieu d’une des population les plus dynamiques de toute l’Afrique noire.

 

Gilbert Comte

 

(1Cf. : P. Billard, la Circulation dans le Sud-Cameroun, thèse, Grenoble, 1961 (épuisée).

(2Cf. : E. Mveng, « Histoire du Cameroun », Présence africaine, 1963.

(3P. Billard, le Cameroun fédéral, « Essai de géographie physique », Imprimerie des Beaux-Arts, 19, rue Roux-Soignat, Lyon (3e).

(4Centre climatique de Dschang : 1 350 mètres d’altitude : Centre de chasse de Waza, dans le Nord-Cameroun ; cf. : le Cameroun fédéral, « Essai de géographie humaine et économique », tirage très limité destiné à l’Afrique en majeure partie.

(5Le code des investissements au Cameroun se trouve dans l’ouvrage mentionné ci-dessus. Pour plus de précisions, s’adresser à la chambre de commerce de Douala, à M. J.-M. Tedjong, secrétaire général.

Source: Le Monde Diplomatique

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