16 décembre 1854 |Le Colonel Faidherbe à la conquête du Sénégal

Faidherbe est affecté au Sénégal alors que le IInd Empire(1), qui vient de s’imposer en France va mettre en oeuvre une politique coloniale ambitieuse. Ses mérites, autant que les circonstances vont lui ouvrir l’accès au gouvernorat. Gouverneur de 1852 à 1865 avec une interruption de 1861 à 1863, son action sera décisive pour le développement du Sénégal et de la future Afrique Occidentale Française (AOF)(2)

Louis Faidherbe

1 – Le Sénégal dans les années 1850
Le capitaine Faidherbe arrive au Sénégal le 5 août 1852 ; ‘’une colonie endormie’’ selon les commentaires de l’époque, éloignée des préoccupations gouvernementales, où la rotation rapide des gouverneurs(3) a annihilé les initiatives. Les implantations, héritées des comptoirs établis à partir du milieu du XVe siècle sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest pour la traite(4), ont changé plusieurs fois de mains avant d’échoir aux Français par le traité de Versailles de 1783. Ceux-ci établis sur les îles de Saint-Louis et de Gorée5 n’ont progressé vers l’intérieur des terres que sur le cours du Sénégal (forts et escales de Podor et Bakel). Depuis l’abolition de la traite des Noirs en 1848, l’activité économique stagne. Elle concerne en particulier le commerce de la gomme arabique(6) aux mains des Maures du
fleuve, objet d’entraves -‘’les coutumes’’- et de tensions fréquentes. La sécurité de la colonie est précaire : luttes tribales et claniques, conflits entre Maures au Nord du fleuve et tribus noires au Sud. Le commerce sur le fleuve est fréquemment perturbé par les exactions des Maures. La situation s’aggrave en 1852 avec la croisade d’El Hadj Omar Tall(7): ‘’Vous savez, monsieur le gouverneur que ce chef marabout a quitté le Fouta-Dyallon pour mettre à exécution son projet de conquête au nom du Koran (sic). Il suit les bords du Sénégal… Ses envoyés sont répandus partout, prêchant en sa faveur… Il est partout considéré comme un messie musulman. Il est probable qu’avant 2 ans, il sera le maître des rives du Sénégal(8) ’’ écrit le commandant du fort de Bakel au
gouverneur Protet le 23 avril 1853. En métropole, la volonté de changer la politique coloniale est latente. Les rivalités impérialistes des Etats européens aiguillonné par le lobby colonial favorisent une stratégie d’occupation et de mise en valeur des territoires africains. Toutefois, en 1852, la sécurité de l’Algérie, département français depuis 1848, et la guerre de Crimée (1853-1856) mobilisent les ressources nationales. En conséquence, ‘’la politique coloniale passe après les affaires intérieures – dont l’Algérie – ou européennes(9) ’’. Le gouverneur ne dispose que de moyens militaires réduits(10) . Si Saint Louis et Gorée,

2 – L’action de Faidherbe
Une brève mais profitable acculturation

Faidherbe est affecté au Sénégal comme chef du Génie et directeur des Ponts et Chaussées auprès du gouverneur, le capitaine de frégate Auguste-Léopold Protet, en poste depuis le 11 octobre 1850. Secondé par le capitaine du génie Pinet-Laprade(11) , il va mettre sa fonction à profit pour connaître le territoire et ses peuples. En mars 1854, il participe à la bataille de Dialmath près de Podor prise par les Toucouleurs. Son action permet de redresser une situation compromise. ‘’Le clairon sonne la retraite. On est proche de la débandade. Faidherbe, prenant a tête d’un détachement de sapeurs du génie, continue d’avancer. Son attitude courageuse provoque un renversement de situation(12)’’.
Fort de Podor. Il abrite un petit musée dédié à Faidherbe. Il dirige ensuite la reconstruction du fort de Podor. Il se bâtit ainsi une réputation de chef énergique et clairvoyant qui va lui assurer le soutien de la hiérarchie militaire comme celle des milieux d’affaire bordelais (la société Maurel et Prom, en particulier). Le maréchal Vaillant(13), ministre de la Guerre que
Faidherbe a connu comme commandant de l’école Polytechnique en 1839, le nomme chef de bataillon hors rang et l’Empereur, faisant suite à une demande des notabilités de Saint-Louis(14), le désigne gouverneur du Sénégal le 1er novembre suivant.

Une gouvernance atypique

Promu lieutenant-colonel, le nouveau gouverneur s’efforce, selon les directives reçues du ministre de la Marine Ducos, d’assurer la sécurité de la colonie(15) en commençant par pacifier le cours inférieur du Sénégal en s’imposant aux chefs noirs, en rompant les allégeances qui les lient aux tribus Maures aux prétentions excessives et en les protégeant de leurs razzias au sud du fleuve. Faidherbe, travailleur acharné et méthodique, impose une méthode qui fera école.

Contraint par de faibles effectifs mais fort de l’adhésion de jeunes officiers, il mène des raids rapides avec 1000 à 2000 hommes qui frappent l’adversaire au cœur dès qu’il se manifeste, détruit les ‘’tatas’’ (réduits fortifiés), sièges des complots puis, mettant à profit la crainte qu’il inspire, ouvre la voie à la négociation. Parallèlement, il renforce les défenses de l’artère vitale du fleuve, les forts de Richard Toll et de Dagana face aux Maures Trarzas et ceux de Saldé, Matam face aux Maures Braknas, Bakel et enfin Médine(16) face aux Toucouleurs. La guerre du Wallo (1855-1858), aux portes de Saint-Louis, assied la souveraineté française sur les Wolofs, brise leur sujétion aux Trarzas qu’il contraint à signer un traité de paix le 31 mai 1858 après un raid audacieux au Nord du fleuve. Faidherbe s’y montre à la fois ferme : ‘’… en conséquence, aucun Maure armé ne traversera le fleuve pour aller dans ces pays (cités avant) sans le consentement préalable du gouverneur’’ et conciliant ‘’il est juste que le roi des Trarzas tire un bénéfice du commerce des gommes … le gouvernement français, comme preuve de bienveillance envers son allié, veut bien se charger de la perception’’.

Faidherbe, fort de ses premiers succès reçoit le soutien du ministre pour pallier la faiblesse de ses forces par un recrutement indigène. Il créait le corps des tirailleurs sénégalais en 1857 ; corps appelé à la célébrité lors des conquêtes coloniales et des deux guerres mondiales(17). Il doit dans le même temps faire face aux Toucouleurs de El Hadj Omar Tall et protéger la route du fleuve en élargissant la zone de souveraineté. En 1857, les Toucouleurs, forts de leur supériorité numérique (20.000 guerriers), marchent contre les implantations françaises du Haut-Sénégal. Faidherbe écrit : ‘’La guerre contre les Maures n’a pas été de tout repos. La guerre contre les musulmans et El-Hadj Omar sera pire encore … » « Les nouveaux ennemis que nous allions avoir à combattre étaient les plus redoutables de tous. Les guerres de religion sont impitoyables et le fanatisme inspire un courage qui ne recule devant rien puisque, pour ceux qui en sont animés, la mort
elle-même est regardée comme un bien(18)’’.

Il alterne donc les campagnes au rythme des saisons. En saison sèche, il agit contre les Maures et les tribus noires du Sénégal inférieur, en saison humide, lorsque sa flottille peut remonter jusqu’au haut cours du fleuve, il se retourne contre les Toucouleurs et leurs alliés. Le 20 avril 1857, ceux-ci attaquent Médine. Le capitaine Paul Holle, à la tête d’une petite garnison disparate de 63 soldats et des alliés Khasso entame une résistance extraordinaire de 97 jours. Faidherbe accourt à son secours, aidé par une saison des pluies précoce qui permet à sa flottille d’arriver le 18 juillet à proximité du fort. Faidherbe est légèrement blessé à la main dans l’engagement, mais Omar est contraint au repli. Il se retirera définitivement dans la vallée du Niger en octobre 1859. Faidherbe ne peut poursuivre l’ennemi mais il punit sévèrement les chefs locaux ralliés à Omar. Il est promu colonel en décembre 1858. Entrée du fort de Bakel sur le Haut-Sénégal

En août 1860, il impose à Omar la signature du traité de Médine. Ce traité fixe les frontières ‘’le Bafing depuis Bafoulabé jusqu’à Médine’’, interdit le pillage et la guerre, reconnaissant de facto à Omar un pouvoir politique et territorial. Ainsi : ‘’Le commerce se fera librement entre les deux pays. Nous vendrons à Al Hdj tout ce qu’il nous demandera(19)’’. Faidherbe assure les bases de l’expansion coloniale C’est le moment où, la victoire acquise en Crimée, l’Empereur peut mettre en œuvre ses ambitions coloniales(20). L’espace sénégambien qui ouvre la voie au bassin du Niger et au Soudan occidental devient l’objectif. Faidherbe a anticipé cette orientation en profitant des opportunités. Les ‘’exactions’’ des damels (rois) du Kayor lui fournissent le prétexte à préparer l’annexion de ce territoire qui permettrait de lier Saint-Louis à Gorée sans discontinuité territoriale.

Ce sera chose faite en 1865. Ces initiatives convergent avec celles du capitaine de vaisseau Protet, commandant la division navalede Gorée, qui propose en 1856 la création d’un port en eau profonde, indispensable à tout projet d’expansion, sur la presqu’île du Cap-Vert, face à Gorée. En mai 1857, Pinet-Laprade, nommé commandant supérieur de Gorée, créée un établissement à Dakar, propice à l’accostage de navires modernes. Les aménagements commencent en 1863. Entre temps, en 1859, Gorée est rattachée à la colonie du Sénégal. Faidherbe a donc toute latitude pour agir. Au Kayor, les premières interventions ouvrent malheureusement la voie à un prétendant au trône hostile à la présence française : le damel Lat-Dior. Son éviction nécessitera quatre campagnes de 1861 à 186521.

Ces opérations mettent les Français au contact des Sérères, tribu de la vallée du Saloum, soutiens de Lat-Dior. En 1859, Faidherbe conduit une expédition contre eux. Il s’empare de Kaolack la capitale et obtient leur soumission après la bataille de Logandème près de Fatick. En liaison avec le capitaine de vaisseau Protet qui fournit les moyens navals, Faidherbe organise des expéditions afin de soumettre les Diollas de Basse Casamance et les Mandingues de Haute Casamance qui menaçaient les comptoirs de l’île Karabane et de Sédhiou. Pinet-Laprade les conduit avec succès en 1860 et 1861. La Sénégambie (400.000 km2) est désormais en voie de réalisation. Sans plus attendre, Faidherbe dépêche des missions de reconnaissance en direction du Niger(22) En 1860, Faidherbe demande son rappel pour raison de santé 23. Le capitaine de vaisseau Jauréguiberry lui succède. Après un court passage en France, Faidherbe est affecté en Algérie. Général de brigade en mai 1863, il est à nouveau nommé gouverneur du Sénégal.

3 – Un modèle de colonisation qui fera école
Faidherbe est partisan d’une colonisation, associant les populations autochtones24 ; en
quelque sorte, un accord ‘’gagnant-gagnant’’ avant l’heure. Il se consacre à cette tâche, territoire après territoire, dès que les conditions de sécurité sont réunies. Il va multiplier les expériences dans tous les domaines de ses attributions et les conduire résolument. Il organise l’administration du territoire en ‘’cercles’’ auxquels les chefferies traditionnelles sont associées. Il place à leurs têtes des officiers, essentiellement, mais aussi des personnalités locales connaissant bien le pays, tel Rey à Bakel – sujet sarde né à Rumilly – après le décès du lieutenant du génie Joris en 1854. Il soutient les investissements par la création de la Banque du Sénégal, première banque établie dans une colonie. Initiative qui connaitra un rapide succès.

S’inspirant des travaux du botaniste Richard, il introduit dans la vallée du Sénégal de nouvelles cultures et de nouvelles méthodes aratoires. Le développement du maraichage aux abords de SaintLouis permet d’assurer l’autonomie alimentaire et contribue à faire évoluer les habitudes alimentaires des indigènes. Il lance la culture du coton et de l’indigo et oriente la production d’arachide vers l’exportation (6000 tonnes en 1860). Il échoue à introduire de nouvelles races ovines et de bovines. Les échanges atteignent 19 000 000 de francs vers 1860. Il développe l’enseignement en commençant par créer ‘’l’école des fils de chefs’’ à Saint-Louis, puis favorise l’émergence d’une élite locale en développant l’enseignement laïque et l’ouvre aux autochtones malgré l’opposition des marabouts, créée le lycée de Saint-Louis. Il métamorphose Saint-Louis en une véritable capitale, la dotant d’une poste, de casernes, d’hôpitaux, d’un réseau d’approvisionnement en eau, créant des quartiers indigènes modernes et reliant l’île de
Saint-Louis aux rives du fleuve par deux ponts de bateaux(25). Il équipe progressivement le territoire en routes, ponts et télégraphe (la liaison Saint-Louis-Dakar est réalisée en 1862). Il approuve les projets de développement du port et de la ville de Dakar proposés par Pinet-Laprade et supervise les premiers chantiers. Par la suite, comme membre de la Commission centrale des chemins de fer puis du Conseil supérieur des voies de communication, il continuera de suivre le développement du Sénégal, du port de Dakar et des lignes de communication, les voies ferrées Dakar-Saint-Louis et Dakar-Niger, notamment. A partir de 1864, il préconise l’échange des comptoirs anglais de Gambie enclavés dans la Sénégambie contre certaines de nos possessions du golfe de Guinée(26).

Pour conclure
Faidherbe a, non seulement, ouvert la voie à la colonisation du Sénégal moderne et à la création par la IIIe République d’un vaste espace économique, l’Afrique Occidentale Française, mais également préparé l’avènement du Sénégal moderne. A l’avènement de la République du Sénégal, sa statue, érigée sur une place de Saint-Louis-du-Sénégal est
respectée tout comme le pont ‘’Faidherbe’’, reconstruit au début du XXe siècle. Léopold Sedar Senghor, premier Président du Sénégal, dira de lui “Si je parle de Faidherbe c’est avec la plus haute estime, jusqu’à l’amitié, parce qu’il a appris à nous connaître…”. Après le Sénégal, Faidherbe reste fidèle à lui-même. Commandant de l’armée du Nord lors de la guerre franco-allemande. Il est l’un des rares généraux français victorieux en 1870-1871.
Statue de Faidherbe à l’Ecole du Génie Ardent défenseur de la République, il flétrit dans un écrit le général Boulanger, suspecté de porter atteinte avec le soutien des nationalistes à la sureté de l’Etat : ‘’cet aventurier, ce charlatan du patriotisme … La première République faisait fusiller les généraux qui osaient se révolter contre le pouvoir civil. Elle avait raison : aucune indulgence, aucune pitié n’est possible en pareil cas. Ou irionsnous si nous tolérions de semblables écarts ? Il n’y aurait plus ni armée ni patrie’’. Le gouvernement l’honora de funérailles nationales. Il repose à Lille où un monument lui a été élevé.

 

 

Source: collections du Musée du génie

Note: 

1 Le coup d’état du 2 décembre 1851 et la constitution de 1852 aboutissent à la proclamation du Second Empire le 2 décembre 1852. Le
président Louis-Napoléon Bonaparte, élu le 8 décembre 1848, devient Napoléon III. Faidherbe mettra toute son énergie au service de la
politique coloniale d’un régime qu’il réprouve car profondément républicain.
2 AOF : fédération groupant, de 1896 à 1958, huit colonies sous une autorité unique Mauritanie, Sénégal, Soudan (Mali), Guinée, Côte
d’Ivoire, Niger, Haute-Volta (Burkina Faso), Togo et Dahomey (Bénin).
3 24 gouverneurs de 1828 à 1854.
4 Le terme de traite s’applique à l’époque au commerce en général et ne se limite pas à la traite négrière. Les comptoirs, établis par les
Portugais suivis par les Hollandais, les Anglais et les Français, ont constitué des enjeux lors des conflits européens du XVIIIe siècle.
5 Dépendant de Gorée : les comptoirs de Rufisque, Portudal, Joal, Albreda sur l’estuaire de la Gambie (échangé avec les Anglais en 1857
contre Portendick en pays Maure), Sédhiou acquis en 1837 et l’île de Karabane sur le fleuve Casamance.
6 Produit de la sève d’acacia utilisé dans les produits alimentaires, les cosmétiques, les peintures, …
7 Chef de guerre et aussi théoricien qui formalise ses idées en 1845 dans un livre ‘’Ar Rimah’’ – Les lances – considéré comme le premier
ouvrage mystique de l’Afrique noire musulmane. Il prêche la guerre sainte contre les Français sans renoncer au commerce avec les
Européens qui lui procurent armes et poudre en échange d’or, voire d’esclaves.
8 In ‘’Le Sénégal sous le second Empire’’ d’Yves –Jean Saint-Martin P. 314.
9 In ‘’Faifherbe du Sénégal à l’armée du Nord’’ d’Alain Coursier p. 33

10 4 compagnies du 4e régiment d’infanterie de la Marine (Toulon), 1 escadron de spahis algériens, 2 batteries d’artillerie, 1 section de
génie. En 1857, s’y ajoutent : 1 bataillon de tirailleurs et un peloton de spahis sénégalais ; ultérieurement une compagnie puis un 2e
bataillon de tirailleurs. 4 avisos. 2 canonnières, 2 bateaux-citernes de la station navale de Saint-Louis.
11 Présent au Sénégal en 1849 avec la perspective d’y devenir commandant du génie, il succédera à Faidherbe comme gouverneur de
mai 1865 à août 1869, date de son décès du choléra. Adjoint fidèle, il poursuivra l’œuvre de Faidherbe. Il est le véritable ‘’père’’ de
Dakar et le constructeur du premier pont de Saint-Louis ordonné par Faidherbe.
12 ‘’Faidherbe’’ op. cit. de A. Coursier, p 41 et ‘’Le Sénégal … ‘’ op .cit. de Saint-Martin, P 217 et suite.
13 Jean-Baptiste Vaillant (1790-1872), officier du génie, commandant de l’école Polytechnique en 1839-1840. Maréchal de France en 1851,
ministre de la Guerre du 11 mars 1854 à 1859.
14 Les commerçants de Saint-Louis, brouillés avec le gouverneur Protet, trop timoré à leurs yeux, obtiendront son rappel.
15 L’aire de responsabilité de Faidherbe couvre le bassin du Sénégal sur ses deux rives et son affluent la Falémé. Les autres comptoirs
sénégalais et les stations du Golfe de Guinée dépendent de la division navale de Gorée – environ 12 bâtiments dont une frégate mixte
vers 1854 – commandée de 1856 à 1859 par le capitaine de vaisseau Protet, ancien gouverneur.
16 Médine (au Mali) est situé au point extrême de navigabilité du Sénégal. En amont, les chutes du Félou barrent le fleuve.

17 Les tirailleurs sénégalais feront école et leur recrutement sera rapidement étendu aux populations des nouveaux territoires colonisés. Ils
garderont toutefois leur appellation originelle à la notoriété bien établie.
18 Id Coursier, p. 61.

19 In Saint-Martin op. cit. P 365 à 368. Aucun original n’a été conservé. Certains gouverneurs tel Brière de l’Isle le nieront. Il est cependant
indéniable qu’il a assuré trente ans de paix avec les Toucouleurs.
20 Chasseloup-Laubat, ministre de la Marine et des colonies de 1860 à 1867) entreprend la modernisation de la flotte. L’introduction de la
propulsion à la vapeur, puis de l’hélice, va accroître considérablement les capacités de la marine de guerre. Elle impose cependant de
disposer d’un réseau de bases et d’escales pour ravitailler et entretenir les bâtiments. A la fin du IIe Empire, la superficie du domaine
outremer a triplé jusqu’à atteindre 1.000.000 de km2 pour 5.000.000 d’habitants.
21 Lat Dior reviendra au pouvoir en 1869 et son opposition à la construction du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis entrainera son
éviction définitive en 1886 après une expédition conduite par le chef de bataillon Dodds.
22 1859 : reconnaissance du sous-lieutenant Pascal entre Sénégal et Falémé (affluent du Sénégal sur la rive gauche).
1860 : reconnaissance du lieutenant de vaisseau Mage en direction du Tagant (Mauritanie) ;
du lieutenant Lambert dans le Fouta Djallon ;
du capitaine Vincent en direction de l’Adrar (Mauritanie), pays des Trarzas ;
de l’enseigne de vaisseau Bourrel et du sous-lieutenant indigène Allioun Sal au pays des Maures Braknas.
1861 : reconnaissance du lieutenant sal à Tombouctou et Touat ;
1864 : reconnaissance du lieutenant de vaisseau Mage et du chirurgien de Marine Quention en direction du Niger (Bamako, Ségou).
23 Lors de son premier séjour en Algérie, lors d’une opération en Kabylie, Faidherbe a échappé de peu à la mort par hypothermie. Il en
conservera des séquelles et perdra l’usage de ses jambes à la fin de sa vie. En 1858, Faidherbe a pris un bref congés en France au
cours duquel il s’est marié. Son épouse l’accompagne à St-Louis.
24 Faidherbe apprend et pratique les langues véhiculaires et s’intéresse aux coutumes, ce qui facilite ses contacts avec les chefs locaux. Il
fera paraitre plusieurs études ethnographiques et géographiques ainsi qu’un lexique en quatre langues ; français, wolof, toucouleur et
soninké. En 1858, il s’oppose à un projet de recrutement de travailleurs libres au profit des Antilles, l’estimant néfaste au développement
de la colonie.
25 Le pont du Grand Bras est inauguré en 1885. Il sera remplacé par un pont tournant métallique en 1897, baptisé pont Faidherbe et
encore en fonction.
26 Les pourparlers entamés avec les Anglais, relancés à plusieurs reprises ne déboucheront pas. L’état de Gambie isole la Casamance ;
ce qui est source de difficultés pour le Sénégal et la cause de tensions avec la Gambie.


Bibliographie :
 ‘’Faidherbe du Sénégal à l’Armée du Nord’’, Alain Coursier – Tallandier – Paris – 1989
 ‘’Le Sénégal sous le Second Empire’’, Yves-Jean Saint-Martin – Karthala – Paris – 1989
 ‘’Le Sénégal : la France dans l’Afrique Occidentale’’, Louis Léon César Faidherbe – Nabu presse – Paris – 2013

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