17 novembre 1714 | Découverte d’El Amarna

Le 17 novembre 1714, sur la rive droite du Nil, à 200 kilomètres au sud du Caire, un jésuite, le père Sicard, trouve par hasard une pierre sur laquelle est gravé un disque solaire. Sans le savoir, il vient de découvrir une cité disparue depuis plus de 3000 ans : la capitale du pharaon Akhenaton, connue sous son nom arabe, El Amarna.

Amarna (Tell el-Amarna ou el-Amarna) est le site archéologique d’Akhetaton, la capitale construite par le pharaon Akhenaton aux alentours de -1360.

À cet endroit, situé entre Thèbes et Memphis, les hautes falaises de la chaîne Arabique qui se dressent sur la rive droite du Nil s’écartent du fleuve pour former un hémicycle de douze kilomètres de longueur ; c’est là qu’en l’an 4 de son règne (vers -1360). Akhenaton jeta les fondations de la cité qui sera la capitale de l’empire égyptien pendant un quart de siècle.

La ville, dédiée au culte du dieu unique Aton, fut élevée rapidement en briques crues et en talatates ; quatre ans après safondation, elle était déjà habitée par une population nombreuse qu’on estime à vingt mille personnes au moins. Des stèles-frontières délimitèrent le territoire de la ville. Sur l’une d’entre elles, le roi proclame qu’Aton lui-même avait choisi cet emplacement parce qu’il était vierge de la présence de toute autre divinité.

Akhenaton, l’hérétique

Le fils et successeur d’Aménophis III gouverne d’abord sous le nom d’Aménophis IV, aux côtés de sa femme Nefertiti, dont quelques portraits nous ont conservé la beauté.

Il entre en rébellion contre le puissant clergé d’Amon et tente d’imposer le culte d’un dieu unique, Aton. Lui-même prend le nom d’Akhénaton («Splendeur d’Aton») et fonde El Amarna. Dans cette ville, des temples à ciel ouvert permettent d’adorer le disque solaire (Aton lui-même).

Le temple d’Aton – El Amarna

Buste d’Akhenaton – Musée du Caire

Le grand temple d’Aton se trouve au nord de la partie centrale de la ville d’Akhénaton. L’un des aspects les plus particuliers du temple est qu’il ne comporte aucune image du dieu. Au lieu de cela, le temple est en plein air,sans toit, ainsi les gens vénèrent directement le soleil au-dessus d’eux alors qu’il voyage d’Est en Ouest. C’est en fait une caractéristique commune à tous les temples d’Aton, ils étaient tous disposés pour permettre l’adoration directe du ciel.

Mais les prêtres d’Amon auront le dernier mot, comme le prouve le nom que se choisit le successeur de l’hérétique pharaon. Cédant à la pression, celui-ci change son nom de Toutankhaton en… Toutânkhamon et quitte El Amarna pourThèbes.

Abandon d’El-Amarna

Lorsque Toutânkhamon quitta Akhetaton pour retourner à Thèbes, la cité fut laissée à l’abandon, puis démantelée par les successeurs d’Akhénaton et recouverte par les sables.

Les fouilles

Visité sporadiquement par des voyageurs et des collectionneurs d’antiquités au XVIIIe siècle, cartographié par les savants de la campagne d’Égypte, le site fut exploré au XIXe siècle par des missions archéologiques britanniques et allemandes.

L’Allemand Karl Richard Lepsius copia les inscriptions, les fresques et les reliefs auxquels il avait accès et les publia. D’autres relevés du site furent réalisés entre1891 et 1908 par Sir William Matthew Flinders Petrie et Norman de Garis Davies.

Les publications de ces savants sont d’une grande valeur, car depuis lors le site fut vandalisé régulièrement par des villageois en quête de matériaux de construction et de sebakh, un engrais naturel. De 1907 à 1914, la Deutsche Orientgesellschaft explora l’atelier du sculpteur Thoutmès où elle découvrit le buste de Néfertiti, maintenant au Ägyptisches Museum de Berlin. Les fouilles furent interrompues pendant la Première Guerre mondiale, puis reprirent dans les années 1920. A partir de 1977, la Fondation pour l’exploration de l’Égypte (Egypt Exploration Society) procède à l’étude du site, sous la responsabilité de Barry J.Kemp, directeur des fouilles et professeur à l’Université de Cambridge.

Les lettres d’El-Amarna

Stèle

En1887, une villageoise cherchant du sebakh sur le site découvrit un dépôt de plusieurs centaines de tablettes provenantdes archives royales. Ces tablettes, les lettres d’Amarna, sont rédigées en akkadien cunéiforme, la langue desrelations diplomatiques de l’époque. Il s’agit pour la plupart de missives échangées entre la cour royale et ses vassaux du Proche Orient ainsi que ses alliés d’alors.

Cette découverte est très précieuse, ce sont les échanges entre les chancelleries depuis la fin du règne d’Amenhotep III, attestant qu’une corégence avec son fils est plus que probable, jusqu’aux temps troubles du règne d’Akhénaton. Ainsi, elles comportent une série d’appels à l’aide lancés par les vassaux égyptiens en Syro-Palestine, menacés par les ambitions hittites, et des lettres adressées « au grand roi, leur frère » par les rois de Babylone, d’Assyrie et du Mitanni, qui devaient eux aussi faire face à cette rupture de l’équilibre des forces dans la région auquel Pharaon semble cependant avoir été indifférent.

Tablette de correspondance – El Amarna

Bien sûr, les lettres d’Amarna ne donnent qu’un aperçu forcément incomplet de cette période, mais elles attestent néanmoins les liens étroits existant entre les cours royales de la région et témoignent de l’activité diplomatique intense qui dans l’Antiquité déjà caractérisait les rapports entre les protagonistes du Proche Orient.

 

En savoir plus http://fr.wikipedia.org/wiki/Temple_d

http://fr.wikipedia.org/wiki/Akh%C3%A9naton

Comments

comments