7 novembre 1913 | Algerie: Albert Camus est mort il y’a un peu plus de 50 ans

Enfant pauvre d’Alger, Albert Camus entre dans la littérature avec L’étranger en 1942. Révolté par le colonialisme comme par les violences terroristes de la guerre d’Algérie, il reçoit le Prix Nobel de littérature le 10 décembre 1957.

 Le 4 janvier 1960, le monde des lettres apprenait, consterné, la mort brutale dans un accident de la route de l’écrivain Albert Camus (46 ans). Mort prématurée, mort absurde d’un homme de cœur qui avait théorisé l’absurdité de la condition humaine et combattait aussi l’absurdité d’un conflit cruel qui ravageait sa terre natale, l’Algérie… disait André Larané.

Son enfance

Né le 7 novembre 1913 à Mondovi (Algérie), il meurt le 4 janvier 1960.

A la mort de son père, sa mère descend quant à elle d’immigrants espagnols jouera le rôle de père et mère représentent ainsi les deux visages du peuplement européen de l’Algérie coloniale. Quasi-sourde et souffrant de difficultés d’élocutions, femme de ménage et ouvrière, illettrée, la mère de Camus voue à ses deux garçons un amour sans réserve.

La famille, sous la direction de la grand-mère paternelle, s’installe à Alger, dans le quartier populaire de Belcourt. Le jeune Albert , tout naturellement, se destine, comme son frère aîné, à quitter l’école pour travailler et ramener un salaire à la maison.

Mais un miracle survient en la personne de son instituteur en classe de certificat d’études, Louis Germain, qui remarque les dispositions exceptionnelles de l’enfant et convainc sa mère et sa grand-mère de l’inscrire à un concours en vue d’obtenir une bourse et de poursuivre sa scolarité. Ainsi Albert Camus pourra-t-il entrer au lycée Bugeaud.

Le lycéen entre en khâgne puis en faculté de philosophie mais la tuberculose, qu’il a contractée en 1930, l’empêche de passer l’agrégation de philosophie en 1937. Albert doit renoncer à devenir professeur. Qu’à cela ne tienne, sa rencontre à l’université avec le philosophe Jean Grenier l’a révélé à lui-même et décidé à entamer une carrière littéraire.

Sa carrière littéraire

L’œuvre littéraire et philosophique de l’écrivain reste proche des questions modernes touchant à la condition humaine ou l’absurdité de l’existence, un siècle après la naissance de l’auteur de La Peste. Un peu plus de cinquante années de vie, mais une œuvre intellectuelle particulièrement riche. Il a laissé derrière lui un très grand nombre d’écrits littéraires, philosophiques et journalistiques traduisant sa pensée, qui a marqué le XXe siècle.

L’absurdité de l’existence et la condition de l’être humain furent parmi les thématiques les plus marquantes de son œuvre. Camus a notamment questionné les principes qui régissent la vie des hommes et les buts que chacun peut trouver à son existence afin d’en repousser la fin inéluctable. L’anniversaire de sa naissance est l’occasion de revenir sur sa pensée, à travers dix citations significatives des thèmes qui ont traversé ses écrits.

Quelques citations à thème

• L’absurdité

«L’absurde est la notion essentielle et la première vérité.» Le Mythe de Sisyphe

«Un homme est toujours la proie de ses vérités.» Le Mythe de Sisyphe

• La morale

«L’honneur est la dernière richesse des pauvres.» Les Justes

«Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.» La Peste

• Le rébellion

«La liberté, seule valeur impérissable de l’histoire.» L’Homme révolté

«J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre.» Les Justes

• Le pessimisme

«Tout homme est un criminel qui s’ignore.» L’Homme révolté

«Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou.» Carnets

• La politique

«Gouverner, c’est voler, tout le monde sait ça.» Caligula

«La société politique contemporaine: une machine à désespérer les hommes.» Actuelles

Principales œuvres: Caligula (1938, pièce de théâtre); Noces (1939, recueil d’essais); Le Mythe de Sisyphe (1942, essai); L’Étranger (1942, roman); La Peste (1947, roman); Les Justes (1949, pièce de théâtre); L’Homme révolté (1951, essai); La Chute (1956, roman).

Avec Le Figaro et Herodote

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