25 octobre 1900 – 13 avril 1978 | Funmilayo Ransome-Kuti , cheffe activiste des mouvements éducatifs et anticoloniaux du Nigeria

Funmilayo Ransome-Kuti (1900-1978), cheffe activiste des mouvements éducatifs et anticoloniaux du Nigeria, a fondé l’Union des femmes d’Abeokuta en 1944. Cette organisation de femmes, l’une des plus importantes du 20e siècle, a regroupé plus de 20 000 membres et milité pour la protection et la promotion des droits des femmes.

Funmilayo Ransome-Kuti (1900-1978) naquit à Abeokuta, dans l’Etat actuel d’Ogun, au Nigéria. En 1914, elle compta parmi les premières filles à rentrer à l’ « Abeokuta Grammar School », où elle enseigna par la suite.

A partir de 1919, elle poursuivit ses études au « Wincham Hall College » de Manchester, en Angleterre. A son retour, en 1922, elle abandonna son nom chrétien, Frances Abigail, sans doute en réaction à la ségrégation à laquelle elle avait dû faire face en Angleterre.

Rapidement, elle s’engagea dans les principaux mouvements éducatifs anticoloniaux du Nigéria* et de l’Afrique de l’Ouest. Elle œuvra sans relâche pour améliorer l’accès des femmes à l’éducation et à la représentation politique.

En 1944, elle fonda l’Abeokuta Ladies’ Club (Club des dames d’Abeokuta, qui devint plus tard l’Union des femmes d’Abeokuta, [Abeokuta Women’s Union]). Cette organisation, engagée dans la défense des droits politiques, sociaux et économiques des femmes, devint l’un des mouvements de femmes les plus importants du 20e siècle. Son engagement sans faille en faveur de la coopération et la solidarité l’amena à jouer un rôle clé en politique, notamment lors des négociations de 1946 sur la Constitution, pendant la période de pré-indépendance du Nigéria.

Abeokuta Women’s Union

L’organisation a vu le jour lorsque ces mêmes femmes ont commencé à protester contre les taxes imposer aux marchandes. Le commerce était une activité principalement composée de femmes.

En 1949, elle conduit l’opposition contre les Natives Authorities, plus précisément Ladipo Ademola (Roi de l’Etat traditionnel d’Egba Alake), en présentant des documents pour dénoncer l’abus de celui-ci, à qui avait été accordé le droit de collecter les impôts par son suzerain colonial, le gouvernement du Royaume-Uni.  Le roi renonça à sa couronne pour un temps suite au scandale.

Elle supervise, avec succès, l’abolition des taux d’imposition séparés pour les femmes ; comme elles n’avaient pas le droit de vote, elle lance le mot d’ordre :

« Pas de taxation sans représentation»

La même année, elle rallie à sa cause Margaret Ekpo pour dénoncer, au nom de l’Union des femmes nigérianes, la répression sanglante d’un mouvement de revendications de mineurs. En 1953, elle est la fondatrice de la Federation of Nigerian Women Societies, qui forme par la suite une alliance avec la Women’s International Democratic Federation.

Dans les années 1950, elle est l’une de rares femmes à être élue à la Maison des Chefs. A cette époque, c’était l’un des corps politiques les plus influents du Nigéria.

Pendant la Guerre Froide et avant l’indépendance de son pays, Funmilayo Kuti a beaucoup voyagé, ce qui a irrité les gouvernements nigériens britanniques et américains en raison de sa proximité avec le Blocs de l’Est qui était communiste. En 1956 son passeport n’a pas été renouvelé. Pris de peur, le gouvernement nigérien lui a donc interdit de voyager en invoquant la raison suivante : « On peut supposer qu’il est de son intention d’influencer […] les femmes avec des idées et des politiques communistes. » 

Ses enfants, Beko, Olikoye et Fela, jouèrent également des rôles importants dans les domaines de l’éducation, de la santé, des arts et de la politique.  Défenestrée en 1978 par des militaires, agissant suite à la sortie de la chanson Zombie écrite par son fils Fela KutiFunmilayo Kuti fut lauréate du prix Lénine pour la paix, notamment grâce à son combat pour le droit des femmes.

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