2 Octobre 1935 | les Italiens envahissent l’Éthiopie.

« L’invasion de l’Ethiopie », issue de l’autobiographie de Haile Selassie I, éditions Jahnhoy. Histoire de la résistance éthiopienne face à l’Italie fasciste à travers les écrits de l’empereur Haile Selassie I.

« Il est curieux de constater que ceux là même qui devant les Nations ont accusé l’Éthiopie de manquer d’unité ont de tout temps travaillé, sans succès d’ailleurs, à la désagrégation de notre empire. » H.S.

L’Italie fasciste de Mussolini a tout tenté pour envahir l’Éthiopie en 1935, mais sans succès puisque l’Éthiopie reste la seule terre d’Afrique à avoir réussi à repousser l’envahisseur européen sans être colonisée. En effet même si la présence italienne dura quelques années, 6 exactement, et que les troupes de Mussolini ont proclamé Victor Emmanuel III empereur d’Éthiopie,Ce qui entraina l’exil d’Hailé Sélassié, l’Italie ne put jamais être maîtresse de l’Éthiopie, et de ses hommes valeureux. Jamais l’Italie même au plus fort de l’occupation n’a réussi à mettre totalement l’Éthiopie sous son contrôle, il restait dans chaque région des combattants insoumis, et par la grâce de Jah et la volonté intraitable d’Hailé Sélassié, l’Éthiopie chassa l’envahisseur italien grâce à l’aide de l’Angleterre et de la France. Mais n’y voyons aucune amitié spéciale de la part des Etats Européens qui, plus que pour aider l’Éthiopie, ont engagé une guerre contre l’Italie fasciste quand celle-ci a attaqué les Alliés. Certes l’Angleterre, et un peu la France ont libéré L’Éthiopie mais on est en droit de se demander ce qui se serait passé si l’Italie n’avait pas attaqué les alliés. En 1941 Hailé Sélassié repris son trône. d’abord son alphabet (« soit quinze jours d’efforts », certifie l’expert Berhanou Abebe).

Ce récit nous est livré par jahnhoy qui publie ce livre « l’invasion de l’Ethiopie 1935 » raconté par Hailé Sélassié lui-même et traduit par l’ethnologue de terrain Marcel Griaule.

Avant de rendre hommage à l’action d’Hailé Sélassié, et à « son peuple de lions », nous pouvons nous attarder un peu sur Marcel Griaule qui tout au long de sa vie prit la défense de l’Afrique, et de ses mythologies, contre le colonialisme et l’impérialisme des Européens. Il fit preuve d’un engagement antifasciste infaillible notamment contre l’agression italienne en Éthiopie. Marcel Griaule a passé plusieurs mois en Abyssinie en 1928 et a appris l’amharique et le guèze. C’est là sa première mission de terrain, il sera reçu par le négus le 4 février 1933 à Djibouti. Il soutient Hailé Sélassié contre l’invasion des fascistes Italiens, et rédige un discours d’Hailé Sélassié à la S.D.N.(société des Nations Unies) et ses mémoires, il était son accompagnateur.

Il fut expert de la délégation Éthiopienne et écrivit Le livre « La peau de l’ours » qui va être placé sur la « liste Otto ». (Liste fasciste Ouvrages retirés de la vente par les éditeurs ou interdits par les autorités allemandes) Marcel Griaule a bénéficié de funérailles traditionnelles africaines selon les coutumes Dogon.

Hailé Sélassié Negusa Negast :

L’Ethiopie incarne le génie politique Africain par sa longue et brillante histoire, Tafari Makonnen a pris le nom d’Hailé Sélassié Ier quand il a été couronné « Negusa Negast », empereur et roi des rois. Il donne à l’Ethiopie sa première constitution en 1931. La guerre en Ethiopie à partir de 1935 est annonciatrice de la seconde guerre mondiale. Elle stigmatise l’hypocrisie Européenne qui laissa un pays, l’Italie, membre de la S.D.N. (société des Nations Unies) attaquer un autre pays membre : l’Ethiopie. En effet le 28 juin, Hailé Sélassié lance un appel à la sécurité collective depuis la tribune de la S.D.N. à Genève. Un appel ignoré, les sanctions contre l’Italie ont été levées. La S.D.N. qui a pour vocation de maintenir la paix entre ses membres, fut pour la première fois mise à l’épreuve.

Ce livre traite du début de la guerre jusqu’au discours d’Hailé Sélassié à la S.D.N. Les raisons Italiennes pour faire la guerre à l’Ethiopie étaient de fournir un empire colonial à l’Italie. Etude linéaire du livre « l’invasion de l’Ethiopie 1935 » par chapitre : Ceci est le récit d’un conflit injuste réglé de manière le plus pacifique possible par l’Ethiopie.

Chapitre 1 : l’ancienne politique Ethiopienne :
Le livre commence par rendre compte du travail de Ménélik 2 qui fit connaitre un essor économique, culturel, politique et diplomatique à l’Ethiopie, ce qui pour une civilisation vieille de 25 siècles constitue un effort d’adaptation à la modernité et à une volonté de développement.
Menelik 2 souhaitait « que la paix coule à flots et que chacun y boive ».

Ménélik 2 avait déjà repoussé les tentatives d’intrusions des troupes Italiennes à Adwa en 1896. Il tomba malade et nous quitta, laissant le pays dans un élan de développement certain.

« Ménélik avant de mourir avait pu voir que l’essentiel des réformes était un fait accompli ». H.S.

Lidj Yassou assura l’inter-règne mais sa propension à l’Islam inquiéta fortement le peuple. Ce fut alors la fille de Ménélik 2, Zaouditou, qui fut proclamée reine, Ras Tafari hérita ainsi du trône. Il continua l’œuvre de Ménélik 2. Hailé Sélassié abolit l’esclavage en Ethiopie, mais il est difficile d’éradiquer un fléau millénaire en 10 ans. L’Italie se servit largement de cet état de cause pour justifier son attaque. En 1924, l’Italie accueille Hailé Sélassié , et laisse une bonne impression au souverain Ethiopien et à sa délégation. On peut d’ailleurs retrouver des photos d’Hailé Sélassié en compagnie des dirigeants Italiens lors de sa venue en Europe.

Chapitre 2 : La politique Italienne en Ethiopie :
Ce chapitre met en évidence l’Invasion progressive et sournoise de l’Ethiopie par l’Italie. Les Italiens se lient avec le Ras Gouksa, gouverneur du Baguemdeur, et lancent une propagande contre Hailé Sélassié en affirmant que le chef du pays était Gouksa. Ras Goukas était lié au Ras Haylou, qui agit comme un traitre envers son pays l’Ethiopie. Avec l’aide des Italiens ils cherchèrent à soulever le pays contre Hailé Sélassié. Gouksa mourut sur le front de bataille alors qu’il attaquait les paysans du Wollo. La première tactique Italienne fut réduite à néant en 24 h par les résistants Ethiopiens. L’Italie répondit en transformant en consulat toutes les agences commerciales qu’elle avait installées en Ethiopie afin de se livrer à une grande propagande contre les intérêts de l’Ethiopie. On se dirigea alors vers une intensification progressive de l’invasion Italienne.

Fin 1934, l’Italie commença à mitrailler les Ethiopiens avec leurs tanks et leurs avions. La réponse Ethiopienne fut pacifique puisque le pays s’en tient à son pacte de non agression contracté auprès des Nations Unies, et à préconiser une solution pacifique à cette agression Italienne en plein territoire Ethiopien. L’Ethiopie accepte le plan du comité des 5 et offre le vaste territoire de l’Ogaden. Hailé Sélassié précise que son peuple ne connaissait pas la propagande, que ce mot n’existe même pas dans la langue Amharique. Plusieurs bataillons Ethiopiens comprenant chacun 950 hommes se placèrent alors au centre du pays. Quand L’Italie dépassa le Mareb cela devint pour l’Ethiopie une nécessité de se défendre.

Chapitre 3 : La déclaration de guerre :

« L’armée Italienne dans les premiers temps, ne rencontra que des paysans désarmés, des femmes, des enfants, des vieillards et des prêtres. » H.S.

Dans ce chapitre Hailé Sélassié nous livre la tactique Ethiopienne face à l’invasion Italienne. Un appel à la mobilisation des Ethiopiens armés est lancé, près d’un tiers des hommes sont appelés. La tactique était simple : mener la guérilla contre l’armée Italienne et se retirer dès que cette dernière gagnait du terrain.

Le but était d’économiser les hommes, et d’avoir moins de pertes humaines. Fatiguer l’ennemi et fuir pour éviter les pertes et gagner du temps. L’armée Éthiopienne beaucoup moins armée n’aurait pas survécu aux attaques italiennes. Reculer afin d’attendre la saison des pluies de 1936, ce qui aurait causé des problèmes aux Italiens.

Aviations, chars d’assauts, jet de baril d’ypérite en pluie par l’aviation, les moyens employés par l’Italie étaient disproportionnés aux vues du faible armement Éthiopien. Revenons sur l’ypérite : Ce gaz autrement appelé gaz moutarde est un composé chimique liquide incolore et inodore qui provoque sur la peau malheureusement exposée des cloques. Il a été particulièrement utilisé comme arme chimique pendant la Première Guerre mondiale. Il attaque également les yeux et les poumons. Et rend les victimes aveugles. Ce gaz contamine tout ce qu’il touche : les sols, les plantes : rendant l’alimentation empoisonnée. L’utilisation de ce gaz par l’armée Italienne Fasciste fut une surprise pour les Éthiopiens, on imagine alors quelles furent leurs réactions devant une arme aussi sournoise.

Le Ras Seyoum, réputé pour sa bravoure quitta le champ de bataille d’Adoua les larmes aux yeux, difficile pour les Ethiopiens d’abandonner leur terre aux fascistes, l’armée Italienne occupait facilement les terrains qu’elle convoitait, ne rencontrant que des familles et des paysans désarmés.

Chapitre 4 : L’aviation Italienne au début de la guerre
Ce chapitre résume les attaques de l’aviation Italienne qui survolait les régions peuplés de civils et lâchait des bombes, visant la population et cherchant à atteindre le gouvernement Ethiopien, ce qui eut pour effet la destruction et la mort de nombreux innocents. L’aviation volait haut dans le ciel, hors d’atteinte des balles, laissant les Ethiopiens sans moyens de défense face à cet armement moderne. Seule la dispersion des Ethiopiens qui se cachaient dès qu’ils voyaient les avions ennemis fut d’une efficacité redoutable, ne laissant que peu de cibles aux avions, mais rendant les déplacements difficiles. Les hommes, femmes et enfants ainsi que les religieux qui s’étaient réfugiés dans les églises furent anéantis lors de l’attaque des avions sur ces lieux sacrés.

Destruction des lieux de cultes et de la science Ethiopienne millénaire, car chaque église contenait une bibliothèque avec des manuscrits anciens en langue Guèze, et des peintures qui ornaient les édifices.

On assista également au pillage par les Italiens et les Français des documents anciens qui sont le plus souvent exposés dans les musées en Europe.

« Il est une chose impossible à reconstruire, c’est l’estime à jamais brisée qu’on aurait put avoir pour un ennemi loyal. »H.S.

Chapitre 5 : L’aviation et les gaz :
La résistance Ethiopienne fut si grande, les hommes s’habituaient vite aux attaques des bombes lâchés par l’aviation, se cachant derrière les arbres ou les rochers, se dispersant rapidement, et créant même des leurres pour l’ennemi : des fausses armées de mannequins Ethiopiens ainsi que des avions en cotonnade furent bombardés. L’Italie passa au niveau supérieur : l’attaque par le gaz d’Ypérite.

Dans un village complètement rasé par les bombes, seul survécu un nouveau-né.

Ce gaz attaquait tout être vivant, et toutes formes de vie qui étaient touchées. Sans les moyens techniques nécessaires l’Ethiopie se trouva dans une position inexorablement difficile. Ce qui fit dire aux Ethiopiens qu’ils sont revenus de l’enfer, l’Italie était à leurs yeux une armée de démons. Les blessés étaient également tués sans aucun sentiment humain, alors que les Ethiopiens enterraient dignement les morts Italiens. Une grande démoralisation gagna alors le peuple Ethiopien. Les mots ne suffisent pas ici pour décrire les ravages causés par une telle guerre.

Chapitre 6 : La victoire du ras Kassa :
La tactique était d’attirer les Italiens le plus loin possible de leurs bases implantées en territoire Ethiopien. De simples hommes venaient à bout de tanks, les encerclant, se couchant à même le sol dans l’angle mort des tirs des tanks puis sautant dessus et tirant à bout portant, certain sont venus à bout de ces machines de guerres avec leurs seuls sabres.

Chapitre 7 : La bataille du Tembien :
Les Ethiopiens cherchaient le corps à corps car leurs armes contrairement à celles des Italiens ne permettaient pas de toucher l’ennemi de loin. La propagande Italienne fut grande et fit état de massacres de camps par des Ethiopiens dont les familles avaient été massacrées lâchement dans le jet de gaz et de bombes. Mais ces cas furent rares au dire du Ras Kassa et de l’empereur Hailé Sélassié et furent punis. Ces travailleurs Italiens construisaient routes et ponts afin de faire circuler leurs tanks et leurs armées, et ils étaient protégés. Des victoires Ethiopiennes firent reculer les Italiens telle la victoire d’Abbyyaddi et celle d’Erba Ouayni.

Les avions Italiens étaient alors absents et le meilleur armement Italien ne fut d’aucun secours face à la fougue des Ethiopiens. Le gain fut d’armes, de munitions, de tentes, de fusils, ainsi que de téléphones. Chaque arme incarnait un Ethiopien de plus qui se dressait contre l’ennemi. Ces victoires redonnèrent le moral aux troupes Ethiopiennes mais la réponse des Italiens fut radicale. Un grand bombardement par l’aviation fut suivi d’un jet continu de gaz. Hommes, bétails et végétations furent anéantis et empoissonnés, après plusieurs jours d’un tel acharnement les Italiens descendaient aux sols pour massacrer les quelques survivants blessés. Aucun Italien ne fut touché durant ces opérations car les Ethiopiens ne possédaient pas d’armement capable d’attaquer ces avions qui volaient haut, bombardant et gazant les populations sans pitié.

L’armée éthiopienne était impuissante face à un tel armement, et comme le signale sa majesté Hailé Sélassié :

« on ne tue pas le brouillard ».

Chapitre 8 : La bataille de May-Tchaw :
« Zarraf, zarraf, criaient les hommes, nous sommes les soldats de l’empereur ! Nous sommes tes fidèles ! » H.S.
Ce chapitre met en scène la victoire Ethiopienne dans la bataille de May-Tchaw, alors que manger et boire était dangereux au vue de la contamination des sols, des cours d’eaux et des végétaux par les gaz Italiens, les Ethiopiens sont alors rentrés dans une période de jeune forcé.

Quand les Italiens perdaient un combat, ils bombardaient de gaz les valeureux bataillons Ethiopiens, ce qui amena les ras Kassa, Seyoum, Ymrou, et le dedjaz Ayyaléo à se replier malgré 4 victoires sur l’ennemi.

A arme inégales les Italiens gagnaient sans combattre et le moral des troupes Ethiopiennes était naturellement instable, ce qui emmena une vive réaction Ethiopienne. Alors que les Italiens étaient installés dans la vallée de may-Tchao, les troupes Ethiopiennes se mirent à attaquer, au lever du soleil et ce malgré les fortifications du camp Italien, ce fut une victoire Ethiopienne. Les soldats revenaient à l’empereur avec leur butin de guerre en récitant leur Foukara, poésie de guerre. La réaction Italienne fut d’envoyer leurs avions de bombardement et de gaz, mais seule la nuit et la longue période de jeune imposé fit reculer les bataillons de sa majesté qui se replièrent dans une colline d’où on pouvait voir l’ensemble de la plaine. Les avions Italiens au 2° jour de la bataille bombardèrent et gazèrent les buissons où s’était dissimulée l’armée de l’empereur durant la journée entière.

Chapitre 9 : le massacre du lac Achangui :
Les bataillons Ethiopiens furent alors bombardés et gazés sans arrêt dans le 3° jour de cette bataille. Déjà fortement sous alimenté, le camp de retranchement éthiopien, les femmes y préparaient la nourriture, fut ainsi détruit laissant l’armée dans une situation des plus ardues. Seule la nuit permettait les déplacements des soldats de sa majesté et le jour était des plus difficiles, car il laissait ces valeureux soldats sous la menace de l’aviation Italienne. Les hommes se mirent à détester le soleil qui les obligeait à se cacher toute la journée durant, et à se déplacer la nuit par à coup. Les italiens lancèrent à ce moment une campagne de propagande, à partir de tracts que les avions dispersaient dans la vallée. Ces tracts indiquaient aux Ethiopiens qu’ils pouvaient marcher le jour et qu’ils ne seraient pas attaqués, une promesse Italienne qui ne fut pas tenue. La journée durant les Ethiopiens marchèrent de jour pour la première fois depuis bien longtemps, à travers un paysage sans abris. Et malgré les crieurs Ethiopiens qui prévenaient les hommes de n’accorder aucune confiance en l’armée Italienne, les troupes se déplacèrent de jour, terriblement usées par ces combats, vers le lac Achangui. 40 avions Italiens sont alors apparus dans le ciel, et ont provoqué le plus grand massacre de cette déjà bien horrible guerre, hommes femmes enfants et bétails furent massacrés par les bombes et le gaz. Pour finir les avions Italiens empoissonnèrent le lac d’Achangui laissant derrière eux un amas de cadavres.

Chapitre 10 : La retraite d’Addis Abeba :
Il fallait après ce massacre remobiliser des troupes, Hailé Sélassié qui dans un premier temps avait fait appel aux seuls hommes armés de son pays reforma ses effectifs à partir des nombreux hommes restés dans les campagnes. Les troupes recommencèrent à se déplacer la nuit, quand la lumière de la lune le permettait. L’inconvénient de ces déplacements nocturnes était qu’ils étaient plus courts et plus laborieux que les déplacements en plein jour de l’armée Italienne. De plus L’Italie continua sa propagande, ce qui constituait pour des fascistes une arme redoutable. Ils lancèrent de leurs avions des tracts disant qu’Hailé Sélassié était mort et son armée disparue. Cela eut pour effet d’accroître le nombre de déserteurs. Les populations restées dans les villages empêchaient la fuite de ces hommes et les renvoyaient dans les rangs de l’armée comme l’avait indiqué l’empereur désormais posté à Dessié. Ce qui empêcha la formation de pillards comme c’est le cas dans toutes les guerres. La confusion entre les déserteurs les fuyards et les paysans régnait, ceux qui quittaient le front disaient à tous que l’empereur était vivant. Ce qui au début provoqua des frictions se transforma en espoir quand le nombre d’arrivants fut si grand et que chacun disait à l’unisson que l’empereur était vivant et toujours au front. La retraite des troupes dans une région non touchée par la guerre permit à l’armée de se reconstituer, pour arriver après 3 semaines de marche à Addis Abeba.

Chapitre 11 : le départ d’Addis Abeba :

« Puisque notre empereur est sauvé, l’Ethiopie elle aussi est sauvée » H.S.

Dans ce long périple de May tchao à Addis Abeba, la population acclamait l’armée reconstituée et retrouvait espoir quand elle voyait qu’Hailé Sélassié était vivant, beaucoup ayant cru à la propagande de l’armée Italienne. La décision fut prise de prendre contact avec la société des nations Unies pour dévoiler au monde ce qui se passait en Ethiopie et pour prendre appui auprès des nations amies afin de sauver l’Ethiopie de l’invasion cruelle, barbare et injustifiée des Fascistes Italiens. Le Conseil Ethiopien chargea une délégation d’une mission particulière : aller présenter le cas de l’Ethiopie à la société des Nations dont l’Ethiopie fait partie depuis 1923. La S.D.N. avait condamné l’Italie dès le début de la guerre le 5 octobre 1935, et a demandé des sanctions économiques contre l’Italie. La France et à l’Angleterre devaient les faire appliquer. Des mesures tièdes qui n’empêchèrent en rien la détermination de l’Italie de créer l’«Africa Orientale Italiana». Cette délégation était composée de sa majesté Impériale Hailé Sélassié et de ses proches collaborateurs, il s’agit du ministre des affaires étrangères le blatenguéta Heyrou, du ministre de la plume Teezaz Haylé et du valeureux conseiller le Ras Kassa. La consigne pour ceux qui restaient en Ethiopie était de n’opposer aucune résistance à l’Italie afin d’éviter de plus amples tueries d’innocents et de civils.

L’autorité du pays fut placée dans les mains du président du sénat Walda Taddik à Goré.

Chapitre 12 : Vers l’Europe :

« L’Ethiopie a le droit de choisir la route ou le sentier qui convient à ses pieds nus. » H.S.

La délégation Ethiopienne qui avait à sa tête Hailé Sélassié prit le bateau Anglais « Enterprise » qui les amenèrent dans un premier temps à Jérusalem où elle fut accueillie par les Israélites et les Palestiniens au son de l’hymne éthiopien. Elle se rendit ensuite à Bath en Angleterre, résidence d’Hailé Sélassié pendant cet exil.

Chapitre 13 : discours prononcée par le négus à l’assemblée de la S.D.N. :

Le 30 juin 1936 Hailé Sélassié prononça un discours à la S.D.N. :

Dans ce discours, Hailé Sélassié en tant que représentant du peuple Ethiopien vient réclamer la justice du à son peuple. Il relate les évènements qui ont eut lieu en Ethiopie, les jets de gaz et signalent que l’Italie n’a pas attaqué que des soldats mais a aussi prit pour cibles des civils. Il rappelle le traité d’amitié conclu avec l’Italie en 1926, et signale que Rome avait prévu l’invasion depuis longtemps. Il rappelle les violations faites à l’Ethiopie, à la S.D.N., et aux pactes les unissant. Il rappelle que dans un premier temps il a demandé à l’armée Ethiopienne de reculer, Hailé Sélassié ne déclara la guerre à l’Italie quand celle-ci continua son avancée dans le pays. Hailé Sélassié a refusé tout avantage que souhaitait lui offrir l’Italie afin qu’il laisse son pays au main de l’ennemi. Hailé Sélassié remet en question la S.D.N. dont la défense de l’Ethiopie fut pendant quelques années seulement de façade. Remettant en cause l’utilité de la S.D.N. ainsi que sa neutralité, même l’assistance financière fut refusé à l’Ethiopie.

Hailé Sélassié demande au 52 nations qui ont signé le pacte de la S.D.N. a l’appliquer.

L’histoire ne s’arrête pas là et pour connaitre la suite de ce conflit et comment l’Ethiopie fut libéré on peut se pencher sur l’ouvrage « l’histoire de l’Ethiopie, l’œuvre du temps » par Paul B. Heinze publié par « les nouvelles d’Addis » Comme le signale ce livre :

« Aucune région d’Ethiopie ne fut entièrement sous le contrôle Italien, la résistance se manifestait dans tout le pays (…) Les patriotes connus sous le nom d’arbagnotch devinrent légendaires pendant l’occupation Italienne et le sont restés depuis. »

En effet les régions du nord de l’Ethiopie , la vallée du Rift, du Minjar au sud du Wallo, la région d’Ankober-Termaber, le nord du Choa, l’est de Godjam, le Bitchena, le Mont Tchoké, le Wollo occidental, le Begember oriental et le Semién restèrent sous le contrôle des résistants Ethiopiens.

Haile Selassie connut l’exil pendant 5 ans, il vécut à Bath en Angleterre du 5 mai 1936 au 5 mai 1941.

Grâce à une reconquête rapide du pays avec l’aide des Britanniques et des Français (emmenés par le commandant Monnier), Hailé Sélassié entreprend la libération de son pays et recouvre une totale souveraineté sur l’Empire. Il reprit sa politique de modernisation et de développement. Après avoir rallié les Éthiopiens réfugiés au Kenya et au Soudan, il vient à Khartoum en juillet 1940 (l’Italie vient de déclarer la guerre aux Alliés) et assure la liaison entre ses troupes et l’armée anglaise. Le 5 mai 1941, il fait une entrée triomphale dans sa capitale libérée par les brigades anglo-indiennes avec l’appui des Forces françaises libres. La lutte du lion de Juda constitue un exemple à travers l’histoire de lutte et de non soumission à l’invasion européenne. L’exemple d’Hailé Sélassié est flagrant et devrait inspirer les chefs d’états et toute personne soumises à des menaces, des invasions et à tout traitement inhumain. Dans ce conflit Hailé Sélassié fut toujours guidé par sa foi chrétienne.

Il semble important de le rappeler.

 

 

Avec Root & Culture

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