30 septembre 1991| Haiti: Coup d’état contre le président Jean-Bertrand Aristide.

Après la chute de régime des Duvalier en février 1987, beaucoup d’incidents, avec des conséquences les unes plus fâcheuses que d’autres, se sont produits. De l’installation problématique du conseil national de gouvernement (CNG), jusqu’au coup d’Etat contre le premier président élu démocratiquement, Jean Bertrand Aristide (JBA), les luttes pour le pouvoir n’ont pas manqué d’atrophier le développement du pays. Dans une courte période, pas moins de trois coups d’Etat  se sont réalisés. Le 20 juin 1988, Lesly Manigat a été renversé par un Henri Namphy. Ce dernier a été, à son tour, renversé par Prosper Avril, le 18 septembre de la même année. Démis de ses fonctions, Avril a été remplacé par Ertha Pascal Trouillot, en mars 1990. Cette dernière a été chargée des élections devant conduire Aristide au pouvoir en février 1991. Mais zut !  Le général Raoul Cedras s’est présenté sur la scène, JBA est chassé du pouvoir.

Selon des observateurs, le coup d’Etat du 30 septembre 1991 contre le président Aristide reste et demeure l’un des plus grands coups d’Etat orchestrés par des militaires des forces armées d’Haïti, dans toute l’histoire du pays. C’était un véritable coup de force qui désarçonnait les racines de l’espoir de tout un peuple. JBA était la figure emblématique de la nouvelle marche de cette société qui venait de subir les atrocités de la dictature. Les petits soldats du régime ont laissé des souvenirs indélébiles dans le mental des gens. L’homme qui symbolisait la rupture à ce sinistre passé n’était autre que lui, JBA.

Dès sa campagne électorale, l’on pressentait déjà un malheur à venir. En effet, il articulait sa campagne dans la lutte la lutte contre la corruption, les mauvaises pratiques, des fonctionnaires, la fraude,  l’exploitation de la masse populaire par une élite bourgeoise étrangère. Mais surtout, il promet de faire une réforme au sein des forces armées d’Haïti. (FAD’H).

Cela dit, entre le président et l’armée dont il était le commandant en chef, selon les règles, la discordance était déjà de mise. Le président avait un plan, celui de restructurer ce corps, à plusieurs niveaux, entre autres:  la modernisation de l’armée; sa décentralisation vers les zones frontalières; le désarment complet de l’armée et une épuration de l’armée des éléments corrompus ». Ce qui a suscité des attitudes et comportements de méfiance chez des éléments de cette force.

Le 30 septembre 2014, des partisans de l’ex-président se le rappelaient. Ils ont pu, à leur juste manière, commémorer, le 23ème anniversaire du coup d’Etat orchestré contre leur chef. Cet événement laisse encore des goûts amers au sein de la société haïtienne, particulièrement au sein du parti Fanmi Lavalas. A cet effet, une manifestation a été organisée à Port-au-Prince, en  soutien à leur leader qui traverse actuellement une situation plutôt peu paisible.

Toujours pas de déclaration officielle de l’homme fort du parti de Fanmi Lavalas.  Difficile d’en avoir une dans ce contexte. Le ciel est encore bourré de nuages dans le monde du « Fanmi Lavalas ». Le leader (encore indispensable) n’a pas le cœur net. Pour cause, il a des comptes à rendre à la justice. Un mandat d’amener a été lancé. Bien que soit contesté et dénoncé par beaucoup, l’épée de Damoclès est toujours suspendue sur sa tête. Donc, pas raison d’avoir largement la tête à autre chose. Dorénavant, tous ses faits et gestes sont sur contrôle.

Faut-il rappeler que JBA a été deux fois élu comme président de la République, deux fois renversé du pouvoir. A peine élu en décembre 1990, il fut renversé en septembre 1991 par le coup d’Etat.  Il va gagner à nouveau les présidentielles de 2000, puis,  sera contraint de quitter son fauteuil présidentiel en 2004, après de fortes mobilisations populaires engagées à son encontre.

 

Source: Haiti-reference.com

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