31 août 1801 | L’armée d’Égypte se rend aux Anglais

Le 31 août 1801, le général Menou, qui commande ce qui reste de l’expédition française d’Égypte, se rend aux Anglais du général Abbercromby. Il obtient une capitulation décente aux termes de laquelle le corps expéditionnaire sera rapatrié par la flotte anglaise.

Les préliminaires de paix seront signés à Londres le 1er octobre suivant. On estime que le tiers des 30 000 soldats engagés en Égypte trois ans plus tôt ont péri, dont la moitié de maladie et le reste dans les combats.

Prisonnier en Égypte
Victorieux des Mamelouks et régnant au Caire tel un vizir, Bonaparte avait pu croire un instant au succès de son expédition en Orient. Las, le contre-amiral britannique Horatio Nelson découvre la flotte française au mouillage en rade d’Aboukir, aux environs d’Alexandrie, et la détruit le 1er août 1798. Le corps expéditionnaire se trouve ainsi prisonnier de sa conquête.

C’est le moment que choisit le sultan Sélim III pour rejoindre la deuxième coalition européenne, aux côtés de l’Autriche et de la Russie, ses ennemis héréditaires !

Bonaparte n’est pas homme à se décourager. Il décide de forcer le passage vers Constantinople (Istamboul) et Ie Bosphore. Au début de 1799, il fonce avec 15.000 hommes vers la Syrie, enlève El-Arish, Gaza puis Jaffa, au coeur de la Terre sainte.

Les troupes françaises se livrent à un carnage lorsqu’elles entrent enfin dans la ville. 2500 prisonniers turcs sont en prime fusillés ou embrochés à la baïonnette sur la plage. C’est la première des nombreuses atrocités qui émailleront la suite de l’expédition. Les soldats sont eux-mêmes frappés par la peste et l’épidémie ne cessera pas jusqu’à la fin de l’expédition…

Après Jaffa, les Français mettent le siège devant Saint-Jean-d’Acre le 20 mars 1799. Mais faute d’artillerie et d’assez de munitions, ils échouent à prendre la ville malgré huit assauts d’avril à mai.

L’heure de la retraite a sonné pour Bonaparte. Il regagne l’Égypte avec ses troupes, saccageant les villes au passage. Enfin, le 25 juillet 1799, il repousse près d’Aboukir une tentative de débarquement turc conduite par le vizir Abou Pacha et appuyée par les Anglais. La propagande napoléonienne utilise ce fait d’armes pour faire oublier la défaite infligée un an plus tôt à la flotte française au même endroit par l’amiral Nelson.

Bonaparte, qui songeait depuis le début de l’expédition, à se tirer au plus vite du guêpier égyptien, a vite fait de prendre sa décision. Le 22 août, il confie le commandement de l’expédition d’Orient au général Kléber et lui-même embarque secrètement sur la Junon avec ses meilleurs généraux et tout ce qui reste d’argent dans les caisses.

Demeuré seul, Kléber reprend la lutte et remporte une ultime victoire à Héliopolis, près du Caire, sur les troupes du grand vizir, le 20 mars 1800. Il semble enfin en mesure de tenir le pays quand il est assassiné par un fanatique musulman le 14 juin 1800. Le même jour, en Italie, à Marengo, un autre général, Desaix, mourra après avoir livré la victoire au Premier Consul, Napoléon Bonaparte. Preuve que le génie sans la chance ne vaut rien.

Le commandement est repris par le général Menou, rival de Kléber et médiocre stratège. Menou, qui s’est converti à l’islam et marié à une Égyptienne, se fait appeler Abdallah-Jacques. Il lui appartiendra de liquider l’expédition d’Égypte.

Épilogue
Avec l’échec de l’expédition d’Orient, la puissance maritime française se trouve anéantie pour longtemps. Malte et Minorque sont désormais aux mains des Anglais, eux-mêmes alliés de Naples et de la «Sublime Porte», le gouvernement du sultan d’Istamboul.

De son côté, loin d’être abattu, Bonaparte parvient à Paris en octobre 1799 en même temps que la nouvelle de son ultime succès à Aboukir. Il exécute le coup d’État du 18 brumaire de l’an VIII (9 novembre 1799). En Égypte même, le prestige des Français sera porté au zénith par le génie de Champollion et l’oeuvre de l’École du Caire.

Bibliographie
On peut lire le petit ouvrage illustré et très didactique de Laure Murat et Nicolas Weill : L’expédition d’Égypte (Gallimard Jeunesse).

 

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