14 août 1844 | La bataille d’Isly ou la solidarité constante du Maroc envers l’Algérie

Le peuple marocain commémore, le 14 août, le 173ème anniversaire de la Bataille d’Isly, un événement héroïque où les Marocains avaient fait preuve de bravoure et d’attachement constant à la solidarité maghrébine en s’engageant aux côtés de leurs frères algériens, confrontés à l’invasion coloniale française.

Fait marquant du règne du Sultan Moulay Abderrahmane, la Bataille d’Isly dans la région de l’Oriental est l’une des nombreuses manifestations de cette solidarité et constitue un événement exceptionnel qui traduit la communion forte entre les peuples du Maghreb.

En prêtant main forte aux voisins algériens chaque fois que ceux-ci furent la cible de convoitises étrangères, le Royaume a fait montre de son attachement à ses nobles principes que lui dictent les préceptes de l’Islam et que la Dynastie Alaouite a toujours observés, quels que soient les sacrifices.

Les velléités guerrières des troupes françaises, disposant de moyens disproportionnés, trouvaient leurs motivations dans le soutien qu’accordait le sultan Moulay Abderrahmane à la résistance algérienne, avec à sa tête l’émir Abdelkader, ce qui déchaina la puissance occupante contre le Maroc, portée par un élan de convoitises et d’expansion.

C’est ainsi qu’à 8 kilomètres de la ville d’Oujda, a eu lieu la bataille d’Isly (14 août 1844), qui avait opposé l’armée du sultan Moulay Abderrahmane aux troupes françaises qui, marchant d’Alger, avaient à leur tête le gouverneur général d’Algérie, Thomas Bugeaud. Cette bataille, d’un point de vue militaire, fut exemplaire quant à la détermination de l’armée marocaine à barrer le chemin à l’expansionnisme colonial de la France.

Le Maroc y avait aligné plus de 50.000 hommes, essentiellement des cavaliers appuyés par des volontaires venus notamment des tribus Beni Iznassen, Beni Oukil et Angad, alors que dans le camp adverse, le Maréchal Bugeaud était à la tête de 11.000 hommes.

Le refus du Maroc de donner suite aux requêtes françaises lui demandant de lui livrer l’émir Abdelkader avait à tel point exaspéré Paris qu’elle accusa l’Empire chérifien d’avoir violé le traité d’amitié franco-marocain en offrant refuge au chef de la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie, l’émir Abdelkader, ce qui a fini par conduire inéluctablement à la bataille d’Isly.

De prime abord, le maréchal Bugeaud avait réussi à désorganiser les lignes de l’armée du Maroc dont les troupes, sommairement équipées et mal entraînées, s’étaient dispersées pour aller se regrouper à nouveau sur la route de Taza, en terrains accidentés.

L’état-major français se mit alors à élaborer des plans pour marcher sur les rives de la Moulouya, mais les rudes conditions naturelles du théâtre de combat et les épidémies qui rongeaient le corps expéditionnaire français ont dissuadé Bugeaud de se lancer dans une aventure aux lendemains incertains, face à des combattants connus pour les retournements qu’ils imprimaient aux situations dans les champs de bataille.

En revanche, les combattants volontaires marocains ont infligé au colonialiste une cuisante défaite lors de la bataille de Sidi Brahim qui s’est déroulée du 23 au 26 septembre 1845 près de la ville de Ghazaouat non loin des frontières marocaines.


 

 

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