OPÉRATION SANGARIS | VIOL DES ENFANTS NOIRS CENTRAFRICAINS – Par Yves Koutou

VIOL DES ENFANTS NOIRS CENTRAFRICAINS, CES AUTRES BÉNÉFICES DE LA COLONISATION, QU’IL FAUT CÉLÉBRER

Aucune charge ne sera bientôt plus retenue contre les soldats français de l’opération Sangaris, accusés de viols sur des mineurs en Centrafrique il y a quelques années et soustraits à la justice centrafricaine, en violation de toutes les lois nationales (centrafricaines) et internationales. Le parquet de Paris vient en effet de demander naturellement, j’ai envie de dire, un non-lieu dans l’enquête qui les visait. En termes de gravité – le débat ayant porté récemment sur les dommages et les bienfaits de la colonisation où elle s’était exercée en Afrique -, on ne sait donc pas, si sodomiser de jeunes garçons noirs serait plus grave, que la déportation de millions d’africains vers les plantations de la déshumanisation aux Amériques ou le dépeçage de leur continent, suivi du vol massif de leurs richesses, avec pour conséquence directe, l’hypothèque sérieuse portée sur le destin de leurs enfants. La seule idée même, qu’un tel exercice de comparaison morbide puisse exister, donne envie de vomir.

Le prédateur n’a jamais eu de remords, il n’en a pas besoin, la terreur et la mise mort de sa proie garantissent sa propre survie et on savait déjà, ça c’est un doux euphémisme, qu’il n’était pas enclin à la repentance. Et pourtant, le bourreau est bon, il est magnanime. Son tribunal peut par exemple juger recevable des plaintes pour biens mal acquis, qui concernent des personnes et des biens étrangers à sa juridiction, mais trouver que des accusations pour sodomies et autres exotismes sexuels sur des enfants nègres, perpétrés par des soldats de l’empire, ne mériteraient pas plus que d’être classées sans suite, aux motifs abstrus, dérangeants – et ça c’est mon parti pris -, qu’ils sont nègres. Les suprémacistes préféraient encore il y a peu, revendiquer d’illusoires bienfaits de la colonisation, parce qu’on leur présentait la facture salée des multiples crimes contre l’humanité, dont ils s’étaient rendus coupables en Afrique. Sans être cynique, on serait tenté de leur poser la question de savoir dans quelle catégorie ils placeraient l’esclavage sexuel auquel leurs soldats avaient réduit de jeunes enfants centrafricains ?

Yves Koutuou

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