5 août 1960 | Burkina Faso – Proclamation de l’indépendance de la Haute-Volta

Le Burkina Faso (Haute-Volta) est l’un des quatre membres du Conseil de l’entente Sahel-Bénin – Niger, Côte-d’Ivoire, Dahomey – à proclamer son indépendance sans avoir préalablement conclu d’entente de coopération avec la France.

Avant la colonisation

On sait peu de choses de l’histoire ancienne du Burkina Faso. Une civilisation néolithique y a produit des pierres taillées, des motifs gravés et de la poterie au Ier millénaire av. J.-C. Ensuite apparut l’agriculture avec des défrichements de la forêt primaire. Une vague de cavaliers vint alors greffer une aristocratie militaire sur cette structure. Détenteurs du pouvoir politique, ces cavaliers passèrent des accords avec les autochtones qui restèrent propriétaires du sol. Cette organisation apparaît encore sous forme de chefs de cantons et chefs de la terre.

L’empire du Ghana est le premier à dominer la région. Plusieurs vagues d’immigration amènent les Mossi du xie au xive siècle. Leur intégration aux populations locales donna naissance à quatre royaumes dont le plus septentrional et le plus important, le Yatenga eut des rapports conflictuels avec son puissant voisin du Soudan Occidental, L’empire du Mali, allant jusqu’à conquérir Tombouctou en 1329. Doté d’une administration centralisée et d’une défense efficace, le Yatenga résista à l’islamisation que tentait de lui imposer l’empire des Songhaï.

D’autres invasions brassèrent la population de l’actuel Burkina : Gourmantché, Bwa, Sénoufos, Gan, Bambaras puis, dans le nord, Touareg, Peuls, Songhaïs et Djerma, Malinké.

D’autres vagues d’immigration au xixe siècle s’accompagnent d’islamisation. C’est le cas des Peuls qui contrôlent l’est de la Volta dès 1810. Le Mogoo Naaba de Ouagadougou est sous une pression constante

Période coloniale

Des premières colonies à la création d’une colonie autonome

En 1888, une première expédition française atteint le territoire de l’actuel Burkina Faso, menée par le capitaine Binger; à Ouagadougou, ce dernier est reçu par le Mogho Naaba. Deux ans plus tard, le docteur Crozat traverse à son tour la région, s’arrêtant à Bobo-Dioulasso, où la princesse Guimbi-Ouattara le reçoit, puis à Ouagadougou, où il est lui aussi reçu par le Mogho Naaba. Le climat entre Occidentaux et indigènes se tend en 1891, avec l’expédition du capitaine Monteil, chargée de reconnaître la ligne Say – Barroua fixée par la déclaration franco-britannique du 5 août 1890 : il visite Ségou, Sikasso, mais à Ouagadougou, le Mogho Naaba refuse de le recevoir. D’autres missions suivent, notamment celles de Ménard et Beaulot en 1891-1892. En 1894, les troupes françaises entrent à Ouagadougou.

Après l’occupation de Ouagadougou le , le Mogho Naaba accepte le protectorat des Français, qui sont engagés dans une course aux colonies avec les Britanniques. Les autres royaumes mossi lui emboîtent le pas. Tandis que se constitue l’Afrique-Occidentale française jusqu’en 1919, les territoires mossi sont rattachés à une entité dénommée Haut-Sénégal-Niger. Durant la Première Guerre mondiale, malgré une résistance à la conscription dans le Bwamu et le pays Marka, ce qui conduit à la guerre du Bani-Volta, ce sont les Mossi qui fournissent l’essentiel du contingent des Tirailleurs sénégalais.

La Haute-Volta de 1919 à 1958

C’est en 1919 qu’est constituée la colonie de Haute-Volta dans le territoire de l’actuel Burkina ; elle comprend sept cercles : Gaoua, Bobo-Dioulasso, Dédougou, Ouagadougou (chef-lieu), Dori, Say et Fada N’Gouma. Cependant, plusieurs éléments rendent l’autonomie de la Haute-Volta problématique : d’une part, les colonies voisines convoitent ce réservoir de main d’œuvre, et la colonie manque d’un accès à la mer ; d’autre part, l’administration coloniale doit restreindre ses frais de fonctionnement. C’est pourquoi, en septembre 1932, la Haute-Volta est dépecée au profit du Soudan français (actuel Mali), de la Côte d’Ivoire et du Niger, en dépit des protestations du Mogho Naaba. Cependant, après les services rendus pendant la Seconde Guerre mondiale, la Haute-Volta fut reconstituée en 1947 ; le Mogho Naaba Kom, plus important chef traditionnel burkinabé, entreprend de nombreuses démarches pour obtenir cette mesure, écrivant notamment au président de la République Vincent Auriol.

La création de nouvelles infrastructures politiques contribuent à associer les autochtones à la gestion du territoire. Les premiers conseils municipaux sont élus, ainsi qu’une Assemblée territoriale ; des représentants sont envoyés auprès du Parlement métropolitain (à l’Assemblée nationale: Gérard Ouedraogo, Joseph Conombo, Nazi Boni, Henri Guissou, Mamadou Ouedraogo), de l’Assemblée de l’Union française et du Grand Conseil de l’AOF. Le , la nouvelle Assemblée territoriale est élue au suffrage universel, et désigne un gouvernement de douze membres. Ouezzin Coulibaly, député de Côte d’Ivoire mais originaire de Haute-Volta, est élu vice-président, puis président de ce gouvernement, mais meurt le . Maurice Yaméogo, soutenu par Félix Houphouët-Boigny et l’UDV (Union démocratique voltaïque) lui succède. Le 17 octobre, le Mogho-Naaba fait rassembler plusieurs centaines de personnes devant le palais de l’Assemblée territoriale, en vue d’établir une monarchie constitutionnelle, sans succès.

Proclamation de l’indépendance de la Haute-Volta
La République de Haute-Volta obtient l’indépendance en août 1960 après avoir manifesté le désir d’exercer tous les pouvoirs et compétences – défense, économie, relations extérieures, etc. – , dont ceux qui étaient du ressort de la Communauté française depuis 1958. Cette proclamation se fait dans la mouvance de plusieurs autres États d’Afrique noire, membres de la Communauté française, qui réalisent eux aussi leur indépendance en 1960. À la tête de l’État et du gouvernement depuis le 9 décembre 1959, le président Maurice Yaméogo est reporté au pouvoir en décembre 1960 par une Assemblée nationale contrôlée par le Rassemblement démocratique africain (RDA), parti unique. La Haute-Volta, un pays qui compte 4,4 millions d’habitants en 1960, est reconnue par l’Organisation des Nations unies (ONU) le 20 septembre 1960. Elle sera connue sous le nom de Burkina Faso à partir de 1984.

 

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