7 juillet 1835 | le maréchal Bertrand Clauzel nommé commandant en chef de l’armée d’Afrique tentera de coloniser l’Algérie

Quand le maréchal Bertrand Clauzel débarque à Alger, le 10 août 1835, il n’est pas en terre étrangère.  Bertrand Clauzel, alors Conte, y était Quatre ans plus tôt. Il a sillonné les champs de bataille de ce pays, à une époque où la conquête de cette contrée en était encore à ses balbutiements.

Avec le titre de gouverneur de l’Algérie, le personnage est d’importance : ancien pair de France sous l’Empire, conseiller général d’Auterive et député des Ardennes, il a derrière lui une brillante carrière militaire et diplomatique qui lui a valu le grade de maréchal de France en 1831.

Dès son arrivée, il décide de mater la rébellion d’Abd El Kader et les premières victoires qu’il remporte, dans la plaine du Sig et à L’Habra, en décembre, lui ouvrent les portes de la ville de Mascara. Ne pouvant l’occuper pour ne pas se démunir de troupes, il fait brûler la cité avant de l’évacuer. Les mois qui suivent ne sont qu’une longue suite de combats gagnés sur les Arabes, qui défendent chèrement leurs terres, à Tlemcen, dans l’Atlas, à La Tafna ou à La Sickack, ce qui lui permet d’occuper durablement Tlemcen et de consolider les conquêtes qu’il a pu faire.

Il doit cependant rentrer en France, où le monde politique, qui méconnaît la situation locale, s’agite contre lui. Il se rend alors à Paris pour rencontrer son ami Adolphe Thiers et lui explique sa stratégie et son bien-fondé. Assuré du soutien de ce dernier, il revient, le 28 août 1836, à Alger, mais dès le 6 septembre suivant, le cabinet Thiers, mis en minorité à la Chambre, doit démissionner. Il est alors remplacé par Molé, qui, c’est le moins que l’on puisse dire, n’est que peu favorable. Clauzel n’en a cure et poursuit la politique algérienne de conquête qu’il a initiée. Il occupe Bone et, par une politique de substitution, remplace les chefs hostiles aux Français par des hommes qui leur sont favorables, comme Jusuf, un de ses lieutenants, qu’il met en place à Bone. Il décide alors de prendre Constantine, un des points névralgiques du pays, l’expédition débutant le 8 novembre 1836, avec un des fils du roi Louis-Philippe, le duc de Nemours. Mal préparée ou mal engagée, cette tentative va vite tourner au désastre, malgré un premier succès militaire au passage du Roummel, qui est pris le 21 novembre. Le siège de la ville proprement dit peut alors commencer, mais dans la nuit du 21 au 22, le 62e, qui escorte les bagages, est violemment attaqué par Abd El Kader et, malgré une résistance acharnée, est massacré sur place. Privé d’intendance dans une contrée hostile et loin de ses bases, Clauzel décide alors de tenter le tout pour le tout et lance l’attaque de Constantine.

Le village de Lavelanet en 1905

La ville est puissamment défendue et les combats sont d’une rare âpreté. Il faut se battre pour conquérir chaque maison, chaque rue, chaque quartier et malgré une grande l’effort des soldats français, à laquelle répond la même opiniâtreté des Arabes, seuls quelques faubourgs peuvent être occupés.

Sans bases arrières, ayant subi de lourdes pertes, Clauzel comprend que la partie est par trop mal engagée et préfère se replier, regagnant Bone. Dès son arrivée, il fait mettre le général de Rigny aux arrêts puis le fait passer en conseil de guerre, le jugeant en grande partie responsable de la défaite de l’attaque. Il regagne ensuite Alger mais est rappelé à Paris, où son échec, que beaucoup attendaient pour l’écarter, a créé de vives réactions à la Chambre.

Relevé de son commandement (12 février 1837), il subit alors les attaques répétées de ses adversaires, le député Dupin notamment lui reprochant son attitude. L’affaire s’envenime à tel point que malgré l’âge des protagonistes, un duel est convenu. Il faudra l’intervention du roi Louis-Philippe pour l’empêcher.

Amer et déçu, Clauzel se retire alors dans son domaine du Sécourieu, à Auterive.

En savoir plus:

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58289929/texteBrut 

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