1 juillet 1960 | La Côte-de-l’Or aujourd’hui l’actuel Ghana de Nkrumah devient une république

En 1471, les Portugais débarquent sur la côte du futur Ghana où ils établissent des comptoirs de commerce d’or, d’ivoire et d’épices. Ils sont à la recherche du plus court chemin pour accéder aux Indes. Pour protéger leurs intérêts économiques ils fondent un premier comptoir commercial, à l’endroit où se situe actuellement le château d’Elmina. Bientôt d’autres Européens surgissent sur la côte: les Hollandais, Anglais, Danois, Suédois et Français arrivent successivement. Après la découverte de l’Amérique l’intérêt européen se tourne vers le commerce d’esclaves, comme au Nouveau Monde les planteurs ont besoin de mains d’œuvre bon-marchés pour ses plantations de coton, tabac et canne à sucre. Beaucoup de châteaux forts sont construits le long de la côte ghanéenne qui servent surtout comme donjons pour les esclaves. Nulle part ailleurs en Afrique on trouve une telle densité de châteaux comme au Ghana. Entre le 16ème et le 18ème siècle ces châteaux sont très disputés entre les pays européens.

La rivalité entre puissances européennes pour le contrôle du commerce de l’or et d’esclaves se conclut en faveur des Britanniques. En 1821, le gouvernement britannique prend le contrôle des comptoirs de commerce. Parallèlement au développement de la traite négrière, vers 1600, au centre de l’actuel Ghana se forme le Royaume Ashanti, qui s’oppose à la colonisation britannique pour imposer ses propres intérêts. Cette opposition aboutit à quatre guerres qui se terminent finalement avec l’occupation de la région Ashanti par les Anglais.

1874, la Côte de l’Or est proclamée colonie de la Couronne britannique. La capitale est transférée de Cape Coast, à Accra en 1876. Les colonisateurs britanniques fixent dès 1901 les frontières du Ghana : le territoire Ashanti et le nord du pays, annexé à partir de 1896, sont soumis et rattachés à la colonie. L’annexion est officielle le 1 janvier 1902. Le roi Prempeh I est exilé et seulement en 1924, autorisé à rentrer à Kumasi et remonter sur le trône en 1926. Partout dans leurs colonies les Anglais appliquent le principe de « indirect rule » (administration indirecte). Durant les décennies d’oppression, des mouvements de résistance se sont constitués. En 1914, le « National Congress of British West Africa » (Congrès National de l’Afrique de l’Ouest Britannique) est créé, dirigé par des Africains. Cependant, leurs revendications de garantir le même droit au travail aux Africains s’ils ont les mêmes qualifications que les Britanniques et de ne pas se mêler de l’élection et de la destitution des chefs locaux sont refusées. La fin de la Deuxième Guerre mondiale qui a vu combattre plus de 50.000 Ghanéens pour la couronne, sonne le glas de l’empire colonial britannique. En 1947, le parti indépendantiste « United Gold Coast Convention » (UGCC) est créé qui exige l’indépendance « dans les plus brefs délais ». La même année le Dr Kwame Nkrumah adhère à l‘UGCC. En 1948, des émeutes éclatent suite à la mort de trois hommes tués par des officiers britanniques lors d’une marche de protestation pacifique. A l’issue de ces évènements, les leaders de l’UGCC sont arrêtés, parmi eux Nkrumah. Peu àprès sa libération en 1949, Nkrumah fonde le Parti de la convention du peuple (CPP), à la tête duquel il conduit le Ghana à l‘indépendance.

Le 6 mars 1957, la Côte de l’Or est le premier pays ouest-africain colonisé à accéder à l’indépendance. Le nouvel état s’appelle désormais Ghana en souvenir du grand Empire médiéval du Ghana. Le 1er juillet 1960, la République est proclamée et Nkrumah devient naturellement son premier président.

Le jour même de l’indépendance, Nkrumah décide d’abandonner le nom colonial du pays au profit de l’actuel, en hommage à l’Empire du Ghana

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